Inquiétudes et pratiques parmi les dentistes à Madagascar face au COVID-19: une étude nationale transversale. 

Revue Sciences Santé | Non classé

Inquiétudes et pratiques parmi les dentistes à Madagascar face au COVID-19: une étude nationale transversale. 

Concerns and practices among dentists in Madagascar regarding COVID-19 : a national cross-sectional study

Auteurs:

 Samoelà Hérédia RAZAFINDRAMBOHO1, Justin Jacques RAVELOMANANTSOA1, 2, Antonin RAJABO1, 2

1École Doctorale Nutrition-Environnement-Santé, Université de Mahajanga, Madagascar.

2 Laboratoire d’Epidémiologie et de Biostatistique en Santé des Populations

Résumé: Cette étude avait pour objectif d’évaluer les inquiétudes et les pratiques des dentistes face à l’épidémie de COVID-19.

Méthode : Une enquête nationale était menée, basée sur questionnaire à auto-remplir. L’étude ciblait les dentistes des 22 régions de Madagascar. L’analyse statistique était menée à l’aide du logiciel SPSS 24.0. La fréquence et le pourcentage étaient utilisés dans l’analyse descriptive. Le Chi-carré était appliqué pour évaluer les réponses en fonction du genre. 

Résultats : L’étude a inclus 246 dentistes (54,1% d’hommes et 45,9% de femmes) sur les 496 ciblés, âgés  de 20 à 50 ans et plus. Au total 188 (76,4%) étaient des dentistes généralistes, 34(13,8%) étaient spécialistes. La majorité, 161 (65,4%) travaillait dans le secteur public. La peur de contaminer les membres de famille en rentrant du travail était rapportée par 85,4%, ensuite la peur d’être soi-même contaminé par le personnel ou patients (83,7%). En cas de contamination, 17,7% envisageait de fermer leur cabinet dentaire. La majorité (83,3%), déclarait que le port de masque N95 est insuffisant pour éviter la contamination au COVID-19. Ils étaient, 68,3% à porter du masque N95 pendant les soins, 9,8% utilisaientde digue pour isoler la dent à traiter et 12,6% utilisaient de l’aspirateur de salive. Plus de femmes (98,2%) que d’hommes (91,5%) exigeaient le port de masques (p<0,05). Les hommes (79,2%) plus que les femmes (68,2%) appliquaient la distanciation de 1mètre entre les chaises en salles d’attente (p<0,05). Les dentistes hommes étaient plus nombreux (66,9%) que les femmes (49,0%)  à installer de murs  de séparation (p<0,01). Devant des cas positifs, plus de femmes (91,2%) que d’hommes (81,8%) reportaient les soins dentaires (p<0,05).

Conclusion : Cette étude a montré que les dentistes étaient conscients du risque élevé de transmission de COVID-19 qu’ils encourent et appliquaient les consignes autant qu’ils pouvaient.

Abstract :

This study aimed to assess the level of awareness and practices of dentists regarding the COVID-19. Method : The study targeted dentists from the 22 regions of Madagascar. Statistical analysis was performed using SPSS 24.0 software. Frequency and percentage were used in the descriptive analysis. Chi-square was applied to assess responses based on gender.

Results: The study included 246 dentists (54.1% men and 45.9% women) out of the 496 targeted, aged from 20 to 50+. A total of 188 (76.4%) were general dentists, 34 (13.8%) were specialists. The majority, 161 (65.4%) worked in the public sector. The fear of infecting family members on returning from work was reported by 85.4%, followed by the fear of being contaminated by staff or patients (83.7%). In the event of contamination, 17.7% planned to close their dental practice. The rspondent’s majority (83.3%) declared that wearing an N95 mask is not sufficient to avoid contamination with COVID-19. 68.3% of them  wore an N95 mask during treatment, 9.8% used a rubber dam to isolate the toothto be treated and 12.6% used a saliva aspirator. More women (98.2%) than men (91.5%) asked the wearing of masks (p<0.05). Men (79.2%) more than women(68.2%) applied the distance of 1 meter between the seats (p<0.05).

Male dentists were more likely (66.9%) than female dentists (49.0%) to install dividing wall(p<0.01). Faced with positive cases, more women (91.2%) than men (81.8%) postponed dental care (p<0.05).

Conclusion: This study showed that dentists were aware of the high risk of transmission of COVID-19 that they incur and applied the instructions as much as they could.

Comment citer cet article: RAZAFINDRAMBOHO SH, RAVELOMANANTSOA JJ, RAJABO A. Inquiétudes et pratiques parmi les dentistes à Madagascar face au COVID-19: une étude nationale transversale. Revue Sc. Santé 2023 ;(1) :1 :1-20

Article original 

INTRODUCTION

Le Coronavirus était rapporté initialement à Wuhan, province de Hubei,  en Chine, au mois de décembre 2019. [1]. Les chercheurs chinois avaient vite découvert qu’il s’agissait d’un nouveau Coronavirus, anciennement désigné comme 2019-nCoV,et maintenant appelé SARS-Cov-2, (Severe Acute Respiratory Syndrom Coronavirus) [2].

En Janvier 2020, l’OMS a déclaré que la maladie est une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).[3].  En février 2020, la maladie causée par le virus SARS-CoV-2 a été appelée, par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), COVID-19, un acronyme dérivé des termes CO-rona VI-rus Disease et l’année d’identification-19.[4]. 

 En quelques mois, la très forte vitesse de propagation du COVID-19, au-delà des frontières chinoises vers d’autres pays de plus en plus nombreux, a fait que le 12 Mars 2020, l’OMS annonce que l’épidémie de COVID-19 est une pandémie [5].

Pour éviter la transmission, l’OMS, avait suggéré l’auto-quarantaine et l’isolement des personnes symptomatiques avec éloignement physique des individus (qui peuvent être des porteurs asymptomatiques) ainsi que l’hygiène des mains [6].

Les gouvernements ont dû prendre des mesures de restrictions drastiques pour contenir la contamination : limitation des déplacements en dehors de son habitation, confinement, distanciation. 

Bien que, le COVID-19 attaque principalement les voies respiratoires supérieures, il semble également causer des effets indésirables car il produit des altérations de la coagulation, du goût, et de l’odorat. 

La transmission interhumaine semble se produire principalement par contact étroit avec des personnes symptomatiques touchées par le COVID-19, et le principal mode de contagion se fait par l’inhalation de gouttelettes respiratoires, par exemple lorsque les malades parlent, éternuent ou toussent. 

Le virus a la capacité de provoquer une grave infection aiguë des voies respiratoires et il est très contagieux, se propageant par la salive, les mains, les gouttelettes nasales et moins fréquemment par contact avec la surface. [7].

La période médiane d’incubation de la maladie était estimée à 5jours [8]  ou de plus de 14jours pour d’autres cas [9].Selon une note sur le risque d’exposition des travailleurs au covid-19, publiée par l’administration de la sécurité et de la santé au travail (OSHA), les professionnels dentaires entrent dans la catégorie de professionnels de santé  à très haut risque d’infection nosocomiale et peuvent devenir porteurs de la maladie en raison de leur production régulière d’aérosols [10]. Autre fait important, la pandémie de COVID-19 a eu des effets majeurs sur les travailleurs. Certains groupes de travailleurs courent un risque accru en raison du contact avec le patient.

La dentisterie figure parmi les emplois à fort potentiel d’exposition à des sources de COVID-19 lors des consultations. Les dentistes exécutant des aérosols, et manipulant des échantillons de sang de patients potentiellement infectieux ou soupçonnés de l’être, sont à risque très élevé de contamination. En  effet, il a été largement documenté dans la littérature que les voies de transmission de COVID-19 sont les gouttelettes, l’inhalation générée par la toux, l’éternuement des patients infectés, et le contact direct des membranes buccale, nasale et oculaires [11] et avec la salive  [12].  L’augmentation rapide des infections et des décès a causé la panique, la peur, l’anxiété dans la population et chez les personnels de santé. En face de telle pandémie, il est normal de paniquer, et d’être anxieux, mais il est également rapporté qu’une grande peur peut induire à la prise de décision irrationnelle chez des professionnels comme les dentistes [13]. Des études nationales étaient menées dans de nombreux pays pour évaluer l’impact de COVID-19 sur les dentistes [12, 14, 15, 16}.

A ce jour, à notre connaissance, aucune étude n’a été mené sur les : crainte, attitude et pratiques des dentistes à Madagascar vis-à-vis du COVID-19. Cette étude avait pour objectif d’évaluer le niveau d’anxiété, de peur, de perception et d’attitude des dentistes, concernant la maladie à coronavirus (COVID-19) et le contrôle des infections.

II- MATERIEL ET METHODE

La présente enquête nationale visait tous les dentistes travaillant dans les 22 régions de Madagascar. Il s’agissait d’une étude transversale utilisant un questionnaire à auto-remplir à distance, envoyé par courrier ou par mail directement à l’adresse des dentistes des 22 régions.

Là où la liaison internet n’était pas disponible, nous avions fait parvenir aux dentistes les questionnaires par courrier postal. 

Le questionnaire est composé de 32 questions fermées groupées en trois séries de 

  • 6 questions interrogeant sur les données démographiques (âge, sexe, résidence, années d’exercice de la profession de dentiste, lieu d’exercice)
  • 8 questions sur la peur et l’inquiétude ou l’anxiété du dentiste concernant la pandémie de COVID-19 et 
  • 18 questions sur les changements des pratiques des dentistes face au covid-19. 

Les items sur la peur et l’anxiété des dentistes face au Covid-19 étaient tirées du questionnaire utilisé dans l’étude de Ahmed MA et al., menée dans 30 pays différents. L’étude en question évaluait les craintes et modifications des pratiques chez les dentistes pour lutter contre l’épidémie de la nouvelle maladie à coronavirus (COVID-19) [13].

Etude pilote : Développé à l’origine en anglais, le questionnaire était traduit en langue malagasy puis testé avant d’être utilisé. La traduction était menée selon les recommandations standard de traduction-contre traduction de Beaton DE et al. [17].

Zone de texte: CVR= [ne-N/2] / [N/2]

La validité du contenu du questionnaire version malagasy était évaluée par une approche quantitative. Un panel de 14 évaluateurs était constitué conformément aux  recommandations de Lawshe et al., en 1975 [18], Chaque évaluateur était invité à  noter E, si l’item est considéré « essentiel », noter H pour « helpfull », si un item est considéré « aidant », noter U pour « Unecessary » si on juge qu’un item n’est pas nécessaire. La formule  de calcul du CVR: « Content Validity Ratio » appliquée était : 

dont : –  « ne » représente le nombre total de sujets du panel qui ont noté E, 

           – « N » représente le nombre total de sujets du panel, ici N=14 (N=7)

Le minimum de CVR acceptée comme significative  avec un panel de 14 sujets est de 0,51 par item. Si un item avait un CVR <0, l’item est rejeté.

Population d’étude

Critères d’inclusion: L’enquête s’adressait à tout dentiste Malagasy âgé de 18ans et plus, exerçant dans les 22 régions de Madagascar au moment de l’enquête et qui ont donné leur consentement à participer à l’étude.

Critères d’exclusion : Les dentistes âgés de moins de 18ans et ceux qui n’ont pas donné leur consentement étaient exclus de l’étude.

Calcul de la taille d’échantillon : Nous avions utilisé le calculateur en ligne « Raosoft sample size calculator » pour le calcul de la taille d’échantillon nécessaire à la validation de l’étude [19].

La marge d’erreur était fixée à 5% ; l’intervalle de confiance était de 95% ; la taille de population d’étude (dentistes et spécialistes) à Madagascar était de 506 (publiques et privés); et comme la prévalence de peur etc… est méconnue, on a opté pour p=50%. La taille d’échantillon minimum calculée était de 217. 

Au moment de l’enquête, 276 dentistes privés  et 220 dentistes publiques, soit un total de 496 chirurgiens-dentistes inscrits à l’Ordre National des Docteurs en chirurgie dentiste de Madagascar, étaient ciblés. 

L’analyse statistique des données était menée à l’aide du logiciel SPSS version 24. Les statistiques descriptives étaient représentées en fréquences et pourcentages pour les variables catégorielles. Les tests de Chi-carré était appliqué pour évaluer la relation entre la réponse des dentistes et le secteur de travail, le genre, et le niveau d’éducation. La fiabilité du questionnaire version Malagasy était évaluée par alpha de Cronbach. La valeur de alpha ≥70 est considérée comme signe de bonne fiabilité [20].

Considérations éthiques : Les objectifs de l’étude étaient expliqués aux dentistes avant de demander leur consentement à participer à l’étude. Le consentement éclairé de chaque participant était obtenu avant la participation à l’enquête. L’anonymat était respecté. 

III- RESULTATS :

Les 496 dentistes en exercice en 2020 étaient sollicités à participer. En final,  ils étaient 246 à avoir retourné les questionnaires avec réponses complètes.

La traduction et la contre-traduction du questionnaire n’ont pas posé de problème particulier. Le questionnaire version malagasy était par la suite pré testé auprès de 14 experts qui ont évalué la validité du contenu. Les valeurs du CVR étaient toutes supérieures à 0,51. 

Le test de fiabilité interne de alpha de Cronbach a trouvé un coefficient de 0,742 pour l’ensemble des items. 

Caractéristiques sociodémographiques des participants 

Le groupe d’âge le plus représenté était le 31-44ans (36,2%) suivi par les 50 ans et plus (27,6%), les 41-50 ans et les 20-30ans étaient respectivement de 26,8% et de 9,3%. Parmi les répondants, il y avait plus de dentistes hommes que de femmes (54,1% vs 45,9%). Au total, 76,4% des participants à l’enquête étaient des chirurgiens dentistes généralistes; 13,8% étaient des spécialistes et 9,8% étaient en cours de spécialisation. Près des deux tiers des participants (65,4%) travaillaient dans le secteur public; 19,1% travaillaient à leur compte propre; 13,1% étaient dans le secteur privé et 2,4% dans d’autres secteurs non spécifiés. Selon l’expérience clinique, 34,1% travaillaient depuis 10-20 ans; 31,7% depuis 10-20ans ; 23,5% depuis plus de 20 ans et 11,0% étaient en exercice depuis moins de 5ans. (Tableau 1)

Tableau 1 : Caractéristiques sociodémographiques des participants

Le tableau 2 présentait la distribution des participants selon la zone géographique de travail ainsi que le nombre de dentistes rapportant avoir déjà eu le COVID-19 en fonction du genre et de la forme de la maladie. 

Selon les zones géographiques, la participation des dentistes à l’enquête nationale était de 17,1% pour l’ex-province de Toamasina; 16,7% pour les dentistes d’Antsiranana; 12,6%;  à Mahajanga: Toliary 14,2% ; Fianarantsoa 18,3% et, pour Antananarivo, la capitale,  la participation était de 20,3%. 

Interrogés sur le COVID-19 chez les dentistes en fonction du genre et de la forme de la maladie, dans l’ex-province de Toamasina, 03 dentistes sur les 42 qui ont participé à l’étude avaient déjà eu le COVID-19 dont 01 homme et 02 femmes et tous les trois avaient fait de forme modérée.

A Antsiranana, 17 dentistes sur les 41 participants avaient déjà eu le COVID-19 dont 11hommes et 06 femmes, tous   étaient de forme modérée.

A Mahajanga, 7(22,6%) dentistes avaient déclaré avoir déjà eu le COVID-19 dont 4 hommes et 3femmes.  

A Toliary, 03 dentistes avaient eu le COVID-19 dont 01 homme et 02 femmes ; 2 formes légères et une forme grave.

A Fianarantsoa, sur les 45 participants, 09 avaient rapporté avoir déjà eu le COVID-19 dont 06 hommes et 03 femmes et 06 cas étaient de formes légères, et une forme modérée et 2 formes graves.

A la capitale, Antananarivo, sise dans la région de Analamanga, sur les 50 dentistes  ayant participé à l’étude, 38(76,0%) avaient contracté le COVID-19 dont 34(70,8%) travaillaient dans la région Analamanga comprenant 12 hommes et 26 femmes. Au total 15 étaient de forme légère, 17 de forme modérée et 6 formes graves.

En somme, sur les 246 dentistes ayant participé à l’enquête, 77(31,3%) avaient déclaré avoir eu le COVID-10 dont 34(44,2%) hommes et 43(55,8%) femmes dentistes. 

Vingt et un cas (27,3%) avaient présenté une forme légère, 43(55,8%) formes modérées et 10 formes graves. 

Trois décès connus ont été rapportés parmi les dentistes depuis le début de la pandémie à Madagascar. (Tableau 2)

Tableau 2 : Distribution des dentistes selon la zone géographique de travail et nombre de dentistes rapportant avoir déjà eu le COVID-19 en fonction du genre et de la forme de la maladie

Les 22 régions de Madagascar étaient représentées.

Le Tableau 3 décrit le niveau de peur et d’anxiété des dentistes face à la COVID-19. 

De toutes les peurs et craintes déclarées, la peur de contaminer les membres de famille à la rentrée du travail était la plus fortement ressentie par les dentistes, rapportée par 85,4% des répondants.(92%) suivie de la propre peur du dentiste d’être contaminé lui-même par le personnel du cabinet dentaire ou par les patients (83,7%) ; venait ensuite la crainte d’être contaminé par un patient qui toussait la proportion était de 76,4%.   

Une fois contaminés, moins de la moitié de ces dentistes craignaient le confinement (42,3%). Et, ils n’étaient que 17,7% à penser à fermer leur cabinet dentaire jusqu’à la réduction du nombre de nouveaux cas de COVID-19 (66%). 

La peur quand ils entendent parler de quelqu’un qui est contaminé ou a succombé après l’infection au COVID-19 touchait 66,3% des répondants (85%). Ils appréhendaient le coût du traitement à 57,7%.

Moins de la moitié des répondants avaient déclaré avoir peur de parler trop prêt des patients 48,8%/ (73%).

Tableau 3 : Evaluation de la peur et de l’anxiété des dentistes (attitude) face au COVID-19

Dans le tableau 4 sont présentées les connaissances  et pratiques des dentistes face au COVID-19

– avaient mis en place une murette (Oui=56,1% ; Non=39,0% ; Sans avis=4,9%), 

– avaient appliqué la distanciation d’au moins 1 mètre entre les chaises des patients de (Oui=72,4% ; Non=25,2% ; sans avis=2,4%)

– avaient interrogé si le patient présente des symptômes de COVID-19, avant de le soigner (Oui=75,6% ; Non=24,0% ; Sans avis=0,4%) 

– avaient posé de question sur le voyage qu’aurait effectué le patient dans les zones à haut risque (Oui=39,4% ; Non = 58,9% ; Sans avis=1,6%) 

– avaient exigé le port de masque (Oui=92,7% ; Non=5,3% ; Sans avis= 2,0%)

– avaient reporté ultérieurement des soins dentaires  si le patient est soupçonné de COVID-19 (Oui=85,8% ; Non=13,8% ; Sans avis=0,4%)

– avaient évité d’utiliser des instruments à air (Oui=64,2% ; Non=32,5% ; Sans avis=2,8%)

– avaient pensé que le port de masque chirurgical serait suffisant (Oui=15,4% ; Non=83,3% ; Sans avis= 1,2%) .

– avaient rapporté que seuls les masques N95 sont conseillés en milieu médical (Oui=52,4% ; Non=32,5% ; Sans avis=15,0%) 

– avaient utilisé du masque N95 pendant le traitement (Oui=68,3%; Non=26,8% ; Sans avis=4,9%) 

– avaient utilisé des lunettes de protection (Oui=65,4% ; Non=34,1% ; Sans avis=0,4%)

– avaient utilisé de protection du visage (Oui=60,2% ; Non=39,0% ; Sans Avis=0,4%)

– avaient utilisé une sur-blouse (Oui=78,0% ; Non=21,1% ; Sans avis=0,8%)

– avaient utilisé de digue pour isoler la dent à traiter (Oui=9,8% ; Non=87,4% ; Sans avis=2,8%) 

– avoir utilisé de l’aspirateur de salive (Oui=12,2% ; Non=86,6% ; Sans avis=1,2%) 

– avaient demandé au patient de se rincer la bouche avec de la solution antiseptique avant r le traitement (Oui=32,1% ; Non=66,3% ; Sans avis=1,6%) 

– avaient utilisé de l’eau savonneuse ou alcoolisée pour se laver les mains (Oui=99,2% ; Non=0,8%) 

– connaissaient le N° de téléphone  à contacter en cas d’urgence. (Oui=94,5% ; Non=3,3% ; Sans avis=2,4%)

Tableau 4: Evaluation de la modification des pratiques des dentistes pendant  le  COVID-19

Le tableau 5 présente la répartition des répondants selon le respect des consignes de gestes barrières en fonction du genre. Plus de femmes dentistes (98,2%) que d’hommes (91,5%) exigeaient le port de masques (p<0,05) mais les hommes (79,2%) bien plus que les femmes (68,2%) avaient appliqué la distanciation de 1mètre au minimum entre les chaises de salle d’attente (p<0,05).

Les dentistes hommes étaient plus nombreux (66,9%) à mettre en place de petits murs  de séparation comparés aux femmes dentistes (49,0%) (p<0,01)

En face de cas positif d COVID-19, les dentistes femmes (91,2%) étaient plus enclin à reporter les soins dentaires que les hommes (81,8%) et la différence était statistiquement significative (p<0,05).

Tableau 5: Distribution des répondants selon le respect des consignes de gestes barrières en fonction du genre

*p<0,05 ; **p<0,001

IV- DISCUSSION

            La présente étude visait à évaluer le niveau de sensibilisation, de perception et d’attitude des dentistes malagasy, concernant la maladie à coronavirus (COVID-19) et le contrôle des infections en utilisant un questionnaire à remplir à distance.

Les enquêtes auprès de la population sont actuellement confrontées au problème de la baisse des taux de réponse. Les conceptions en mode mixte sont maintenant mises en œuvre plus souvent pour tenir compte de cet aspect, pour améliorer la composition des échantillons et pour réduire les coûts globaux. [21]

Les questionnaires remplis n’étaient considérés comme valides que si les répondants avaient signé un formulaire de consentement éclairé avant de participer à l’étude. Ce formulaire de consentement était renvoyé dans une enveloppe séparée. Pendant le questionnaire en ligne, les participants étaient invités à cocher une case indiquant s’ils avaient lu et accepté les conditions de protection des données de l’étude. 

Le taux de participation globale à notre étude était de 49,96%, Les études antérieures ont rapporté que les taux de participation des études menées par internet chez les professionnels de santé varient largement d’une étude à l’autre, allant de 9% à 75 % [22]. Une étude de surveillance sanitaire par e-mail, menée en 1999 auprès du personnel universitaire anglais avait montré un taux de participation à hauteur de 32 %. Zamora et al., avaient suggéré, pour augmenter le taux de réponses, d’envoyer, durant l’étude, quelques rappels. [23] Malgré ces inconvénients, dus au risque de participation réduite, pour les enquêtes sur Internet, les coûts d’impression, d’affranchissement et de saisie des données sont considérablement réduits de même que les coûts des déplacements surtout lorsqu’il s’agit d’une enquête nationale. La tranche d’âge la plus fréquente des répondants était 31–40 ans et cela rejoint les mêmes constats dans la plupart des publications [18]. Pour évaluer les résultats, nous avions fait la comparaison avec la synthèse des réponses des dentistes provenant de 30 pays (incluant Pakistan, Arabie Saoudite, Emirats arabes unis, Etats-Unis, Royaume Uni, France, Malaisie, Australie, Nouvelle Zélande, Afrique du sud, Hongrie, Bahreïn, Danemark, Ireland , Suisse, Chine, Canada, Egypte, Kuweit, Italie, Roumanie, Finlande, Israël, Bulgarie, République de Congo, Mexique, Allemagne, Pologne, Inde, Turquie, site non défini) qui ont participé à l’étude de Ahmed MA et al. A Madagascar, comme dans ces 30 pays c’est la peur ou la crainte de contaminer les membres de familles qui était la plus élevée (Ahmed  MA et al.) [13]. Par ailleurs, plusieurs auteurs avaient rapporté le même constat  au niveau international [17, 23] Similairement, le niveau de peur d’être soi-même contaminé occupe la deuxième place à Madagascar. Tandis que pour les 30 pays, de l’étude multinationale de Ahmed, c’est traiter les patients qui toussaient qui prenait la deuxième place avec 90% des répondants en moyenne.

Les résultats diffèrent  beaucoup quand il s’agissait de prendre la décision de fermer les cabinets dentaires jusqu’à réduction du nombre de nouveaux cas de COVID-19.  A Madagascar, moins de 20% ont répondu OUI, tandis que dans l’étude de Ahmed MA et al. , plus de la moitié (66%) l’avaient accepté. Ou encore, quand il s’agissait de peur de parler trop près du patient, moins de la moitié des répondants à Madagascar l’avaient rapporté contre plus de 72%  des répondants des 30 pays participants à l’étude de Ahmed MA et al.

Et si le pourcentage  de dentistes qui appréhendaient le coût du traitement de COVID-19 était de moins de la moitié pour Madagascar contre  en moyenne 73% des répondants de l’étude multinationale.

Dans la présente étude, plus des deux tiers des répondants avaient interrogé si le patient présentait des symptômes de COVID-19, avant de le soigner. Ce résultat rejoint celui de l’étude multinationale. Par contre moins de la moitié des dentistes malagasy avaient interrogé sur l’historique de voyage effectué par le patient contre une proportion de plus de 82% des participants issus des 30 pays.

A proportion similaire, les répondants des deux études avaient rapporté que le port de masque chirurgical  ne serait pas suffisant pour la prévention de l’infection de COVID-19.

Toutefois, trois fois moins de dentistes malagasy, comparés à ceux de l’étude de Ahmed MA et al., avaient rapporté ne pas utiliser du masque N95 pendant le traitement. Le port de masque N95 figure parmi les recommandations de l’EPI quand on doit traiter un patient soupçonné de COVID-19. Dans notre étude moins des deux tiers des participants avaient rapporté porter du masque N95 pendant les soins dentaires. Cette proportion est plus élevée que celle rapporté par les dentistes au Pakistan où seuls 38,5% des dentistes utilisaient des masques N95 et aucun d’entre eux (0%) n’utilisait de digue d’isolement en caoutchouc [18].

L’utilisation de digue pour isoler la dent à traiter est très faible chez les dentistes malagasy et il en était autant dans l’étude de Ahmed MA et al. (13). Pourtant d’après l’étude de Cochrane et al. , les résultats ont indiqué que l’utilisation de la digue en caoutchouc est une méthode permettant de réduire la contamination microbienne. En effet, la technique de digue en caoutchouc est une méthode utilisée en dentisterie pour isoler le champ opératoire du reste de la bouche avec une feuille de caoutchouc [24]. Utilisée avec des gants, un masque et des lunettes de protection, la digue en caoutchouc constitue une excellente barrière contre la propagation potentielle des maladies infectieuses dans le cabinet dentaire. 

Cette efficacité clinique était confirmée par : Al-Amad SH et al. Mais les auteurs rajoutaient que malgré sa valeur clinique, la digue en caoutchouc semble entraîner des niveaux d’aérosols beaucoup plus élevés sur diverses zones de la tête du dentiste, ce qui oblige ce dernier à se couvrir la tête avec des vêtements de protection appropriés (25). L’efficacité de l’usage de digue a été renforcée par un revue systématique menée par Zhou H et al.. Cette revue résume la situation actuelle de l’utilisation des digues en caoutchouc dans différents pays et conclue que la digue en caoutchouc peut protéger efficacement les patients et les travailleurs dentaires et offrir aux patients une expérience plus professionnelle, sûre et confortable [26].

Dans la présente étude, beaucoup de dentistes ne demandaient pas aux patients de se rincer la bouche avec de la solution antiseptique avant le début du traitement. Ce résultat rejoint la proportion moyenne trouvée pour les dentistes des 30 pays. Selon la conclusion d’une méta-analyse conduite par Kelly N et al., à l’heure actuelle, des preuves de haute qualité sont insuffisantes pour suggérer que les rinçages oraux sont efficaces contre le SRAS-CoV-2. 

Bien qu’un certain nombre de lignes directrices aient suggéré l’utilisation de rince-bouche comme mesure prophylactique, celle-ci ne devrait pas être une alternative à un Equipement de Protection Individuelle (EPI) de haute qualité et à un contrôle rigoureux des infections croisées  [27].

D’après nos résultats, la peur de contaminer les membres de sa famille, était rapporté par 81,7% des répondants mais le pourcentage était significativement plus élevé chez ceux qui n’avaient que 5-10ans d’expérience dans le travail de dentisterie (91,0% à p<0,01). Ces résultats rejoignent la conclusion de Serota KS et al., en 2021 qui rapportait que les années passées dans la pratique dentaire et l’âge semblaient être des facteurs de protection contre le stress et la détresse perçus [28].

Notre étude présentait certaines limites. L’échantillonnage n’était pas fait de manière aléatoire ainsi les résultats peuvent ne pas être généralisés à tous les dentistes de Madagascar. De plus, il y a le design d’étude transversale qui ne permet pas de déterminer une relation de cause à effet mais uniquement de voir une association. Malgré ces limites l’étude a permis de constater les difficultés auxquelles les dentistes malgaches avaient été confrontés en ces temps de pandémie de COVID-19. On reproche aux enquêtes menées en ligne, à distance, leur difficulté   d’obtenir un échantillon représentatif et un taux de réponse adéquat. L’accès contrôlé à une liste nationale d’adresses électroniques de professionnels de santé pourrait apporter une solution. L’échantillonnage par convenance est non représentatif de la population d’étude et l’auto-reportage utilisé pour mesurer la peur est une technique de mesure pu fiable. Le design d’étude de type transversale choisi ne permettait pas d’assurer la relation de causalité.

Recommandations :

Nous suggérons de faire bénéficier tous les dentistes d’une formation pour les préparer  à faire face à des épidémies d’infections telles que le COVID-19.

Nous recommandons que de futures recherches utilisent des échelles de mesure de peur et de stress universelles à l’exemple de Fear of COVID-19 Scales (FCV-19) ; ou Indian Scale of Fear related COVID-19  (ISF-C19 scale) pour permettre des comparaisons internationales.

Nous conseillons la vaccination contre les infections qui menacent particulièrement la santé des dentistes telles que l’hépatite B, et le Covid-19 , particulièrement en ce moment d’épidémie non encore totalement maitrisée.

Contribution des auteurs :

Conception de l’étude : RSH; Méthodologie : RSH, JJR ; Supervision AR. ; Investigation : RSH.

Financement : cette recherche n’a pas bénéficié de financement externe

Remerciements : Nous sommes reconnaissants envers tous les dentistes pour leur précieuse participation à l’enquête. Nous remercions toutes les personnes qui ont aidé à la réalisation de cette recherche. 

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doi: 10.3390/ijerph182211813.PMID: 34831569

Stratégies expérimentées, visant à accroître le taux de couverture vaccinale dans les pays à faible et moyen revenus: revue systématique de littérature de 2016 à 2021.

Revue Sciences Santé | Non classé

Lethicia Lydia YASMINE1,2,4, Jeannot RANDRIANARIVONY 1,2,3, Rivomalala RAKOTONAVALONA, Antonin RAJABO1,2,3

1 Laboratoire d’Epidémiologie et Biostatistique en Santé de Populations (LabEBSP)

2 Ecole doctorale Nutrition-Environnement Santé (EDNES), Université de Mahajanga

3 IOSTM, Université de Mahajanga

4 Ministère de la santé, MADAGASCAR


RESUME :

Introduction : La vaccination constitue un moyen servant à protéger la population contre les maladies évitables par la vaccination. Les stratégies mondiales consistent à ne laisser personne sans vaccination. Toutefois, malgré tous les programmes mondiaux mis en place pour améliorer le taux de couverture vaccinale, de nombreux pays à faible et moyen revenus n’ont pas réussi à atteindre les objectifs fixés. Pour augmenter le taux de la couverture vaccinale, une synthèse des stratégies expérimentées par divers pays à faible et moyen revenus et ayant fait preuve d’efficacité a été menée.

Objectif : identifier les stratégies ayant montré leurs preuves d’efficacité pratique dans les pays à faible et moyen revenus.

Méthode : Il s’agit d’une revue systématique de littérature utilisant le guide PRISMA avec recherche d’articles scientifiques originaux et littérature grise sur PubMed, Google Scholar,. Les études interventionnelles fondées sur des donnés probantes menées dans les pays à revenus faible et intermédiaire ont été privilégiées pour la revue.

Résultats : Sur 467 articles identifiés, 23 ont répondu aux critères d’inclusion et ont constitué la revue. Ces articles de la revue, avec diverses designs d’étude expérimentale ont prouvé l’efficacité de plusieurs stratégies telles que : le renforcement des rappels du calendrier de vaccination par tous les moyens à disposition(SMS ou autres), l’application de mesures incitatives monétaires au bénéfice des acteurs et des bénéficiaires de la vaccination, l’intégration des services de vaccination dans tous les services accueillant les enfants (services de consultation externe, services de nutrition), la digitalisation du système de vaccination à travers une plateforme numérique et la participation communautaire.

Conclusion : L’utilisation de stratégies intégrées, multiples et variées et innovantes, est à préférer, permettra d’augmenter le taux des objectifs fixés en matière de couverture vaccinale.

Mots clés: couverture vaccinale, stratégies, efficacité, preuves, pays à revenus faible et intermédiaire

ABSTRACT :

Introduction: Vaccination is a way of protecting the population against vaccine-preventable diseases. The global strategy is to leave no one without vaccination. However, despite all the global programs implemented to improve the vaccination coverage rate, many low- and middle-income countries have failed to meet the goals fixed. To increase the rate of vaccination coverage, a synthesis of the strategies tested by various low- and middle-income countries and having demonstrated their effectiveness has been carried out.

Objective: to identify strategies that have demonstrated their practical effectiveness in low- and middle-income countries

Method: This is a systematic literature review using the PRISMA guide with scientific original and grey literature articles research on PubMed, Google Scholar. Evidence-based intervention studies conducted in low- and middle-income countries were preferred for the review.

Results: Among 467 articles identified, 23 met the inclusion criteria for the review. These 23 articles with different experimental study designs have proven the effectiveness of several strategies such as: the reinforcement of text or call reminders of the vaccination schedule. (SMS or other), applying monetary incentives, integration of vaccination services in all services welcoming children (outpatient services, nutrition services), the digitization of the vaccination system through a digital platform and community participation.

Conclusion: The use of integrated, multiple and innovative strategies will make possible to increase the rate of vaccination coverage.

Keywords: vaccination coverage, strategies, effectiveness, evidence, low – and middle-income countries


Comment citer cet article : YasmineLD, Randrianarivony J, Rakotonavalona R, Rajabo A.
Stratégies expérimentées, visant à accroître le taux de couverture vaccinale dans les pays à faible et moyen revenus: revue systématique de littérature de 2016 à 2021. Revue Sc. Santé 2022 ;(1)3

CONTEXTE :

Les maladies évitables par la vaccination chez les enfants, les adolescents, et les adultes représentent encore des causes majeures de morbidité et de mortalité notamment dans les pays à faible ou moyen revenu. Grâce au Programme élargi de vaccination (PEV), plus de 100 millions de nourrissons sont vaccinés chaque année, ce qui permet d’éviter chaque année des millions de décès d’enfants dus à des maladies évitables par la vaccination. [1]

La vaccination des enfants a ainsi permis le recul d’un grand pourcentage de certaines maladies évitables par la vaccination. Les pays à revenus faible et intermédiaire, présentent souvent des taux de couverture vaccinale faibles par rapport aux autres pays. La majorité de la population mondiale d’enfants dont la série de vaccinations est incomplète réside dans les pays à revenu faible et intermédiaire.  Plusieurs facteurs contribuent aux faibles taux de couverture vaccinale vaccins dans ces pays à revenu faible et intermédiaire : l’absence de soutien politique aux campagnes de vaccination, l’affectation de ressources plus importantes à d’autres problèmes de santé, ainsi que le manque d’éducation et de sensibilisation aux vaccins parmi les travailleurs de la santé et les parents, en particulier les mères. En  effet, selon les résultats d’une revue systématique de littérature, les auteurs, Ali HA et al., ont estimé que les enfants dont la mère n’avait pas d’éducation formelle avaient 27% moins de chances d’être complètement vaccinés que ceux dont la mère avait un niveau d’éducation primaire ou supérieur et que les personnes appartenant au quintile de richesse le plus pauvre avaient 27% de moins de chances d’être complètement vaccinées que celles du quintile le plus riche. [2].

Les auteurs avaient trouvé une image nuancée de l’inégalité de la couverture et de l’accès à la vaccination, la disparité des richesses dominant, et probablement à l’origine, d’autres disparités. Cette revue met en lumière le paysage complexe des inégalités et la nécessité de concevoir des stratégies de vaccination ciblant les sous-groupes manqués pour améliorer et récupérer la couverture vaccinale après la pandémie de COVID-19.

Plusieurs stratégies ont été testées pour améliorer les taux de couverture vaccinale mais une grand majorité de ces stratégies étaient réalisées dans les pays à revenu élevé où il a été démontré et prouvé que les systèmes de rappel et le rappel des patients dans les établissements de soins primaires sont efficaces pour améliorer les taux de vaccination [Jacobson et al] [3] et qu’a-t-on trouvé dans les pays à faible et moyen revenus?

Revue des revues :

Les résultats de la revue systématique de littérature menée par Aslam F et al., suggèrent que des stratégies spécifiques visant à réduire les inégalités pourraient être nécessaires pour améliorer l’utilisation des vaccins chez les enfants dans les pays à revenu faible et intermédiaire [36].[4]

Une autre revue systématique de littérature, menée par Oyo-Ita A ; enregistrée dans Cochran data-base en 2016 : avait pour objectif d’évaluer l’efficacité des stratégies d’intervention visant à renforcer et à maintenir une couverture vaccinale élevée chez les enfants dans les pays à faible et moyen revenus [37]. [5]

D’après les auteurs il est d’une importance capitale d’informer les parents et les membres de la communauté sur les bienfaits de la vaccination par le renforcement des séances d’éducation sanitaire dans les centres de santé d’un côté et de l’autre côté, de fournir des cartes de rappel de vaccination, et organiser des campagnes de vaccination régulières avec ou sans incitation des ménages. Les visites à domicile et l’intégration de la vaccination à d’autres services peuvent améliorer la couverture vaccinale des enfants dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Toutefois, la plupart des preuves d’efficacité des interventions étaient de faible degré de certitude, ce qui implique une forte probabilité que l’effet réel des interventions puisse être sensiblement différent. Ils ont conclu qu’il est nécessaire de réaliser d’autres essais cliniques randomisés bien conduits pour évaluer les effets des interventions visant à améliorer la couverture vaccinale des enfants dans les pays à faible et moyen revenus.

Par ailleurs, depuis, de nouvelles technologies sont apparues, notamment des systèmes de données et des interventions en ligne (plateforme numérique de santé) ont été appliquées à la vaccination. Une revue actualisée des données probantes est donc justifiée.

Ainsi, le but de la présente revue systématique de littérature était d’identifier les stratégies qui ont prouvé leur efficacité à augmenter le taux de couverture vaccinale des enfants dans les pays à revenu faible ou intermédiaire qui les ont expérimentées et en faire une synthèse.

II-METHODOLOGIE :

1. Méthode de recherche pour l’identification des études: Nous avions recherché dans les bases de données les études qui ont été menées dans les pays à revenus faible et intermédiaire sur les interventions pour améliorer le taux de couverture vaccinale de routine chez les enfants.

Une combinaison de termes de recherche a été utilisée dans chacune des bases de données. Les copies en texte intégral des articles identifiés comme potentiellement éligibles à l’inclusion ont été récupérées par l’encadreur. Ensuite, chaque article a été évalué indépendamment pour inclusion par le doctorant et l’encadreur. Un examinateur a évalué de manière indépendante, la pertinence de tous les titres et résumés. Lethicia Y et RN faisaient la recherche des articles chacune de  son côté ensuite les articles sont lus et les design d’étude utilisés ainsi que les résultats ont été dépouillés et analysés. Les doublons étaient éliminés ainsi que les articles publiés en dehors des années 2016 et 2021, ou qui ne traitaient pas directement le sujet. Les articles qui sont déjà des revues systématiques de littérature ou des méta-analyses étaient exclus.

Nous avons examiné les articles publiés en anglais et en français dans des revues à comité de lecture entre 2016 et 2021 qui évaluaient les interventions visant à améliorer la couverture vaccinale de routine dans les zones urbaines des pays à revenu faible ou intermédiaire.

2. Mots clés utilisés pour la recherche des articles originaux : La combinaison de mots-clés en utilisant les termes « AND » et « ET » ou encore « OU » était adaptées pour aider à mieux cerner le sujet : « immunization coverage AND improvement strategies » “couverture vaccinale ET strategies pour amelioration”. “Interventions For Improving Coverage Of Childhood Immunisation In Low- And Middle-Income Countries » ; « Effective strategies used for improving vaccines coverage in low and middle income countries »

3. Critères d’éligibilité des articles: Nous avions choisi de focaliser nos recherches notamment sur les articles scientifiques originaux, axés sur les études interventionnelles, les essais randomisés contrôlés (ECR), les essais contrôlés en grappes. Toutefois, nous avions considérés également les études de type AVANT-APRES, les  essais communautaires (quasi expérimentale) ; le time series study (études chronologiques), menés dans les pays à revenus faible et intermédiaire, engageant des enfants ou des parents ou du personnel de santé, ou des membres de communauté sociale.  Seule la vaccination humaine était considérée. Ont été pris en compte uniquement les articles publiés entre 2016 et 2021 de la part des pays à revenus faible et intermédiaire.

  • Langues de publication : seuls les articles publiés en langues française et anglaise ou fournissant des traductions en ces langues étaient pris en compte.
  • Critères d’inclusion et d’exclusion: Seules les études sur l’immunisation des enfants âgés de 0 à

24mois étaient considérées et dont les données concernent les différentes stratégies menées pour améliorer la couverture vaccinale de routine et qui ont trouvé de preuves de réussite. Les études qui ont été menées ailleurs que dans les pays à revenus faible et intermédiaire étaient exclues de la présente revue systématique de littérature, de même que les études écrites en d’autres langues que le français et l’anglais et également les études publiées en dehors de la période de 2016 à 2021.

6.  Mode de sélection des articles :

Deux examinateurs ont effectué une recherche documentaire dans PubMed et Google Scholar en suivant les directives PRISMA (Preferred Reporting Items for Systematic Review and Meta-Analyses) [6]

7. Analyse des données : Nous avons résumé les principaux résultats de chaque étude et avions fait la synthèse des stratégies efficaces de chaque intervention. Nous (YLL & RN) avions indépendamment passé en revue les résultats de la recherche, lu et analysé les textes intégraux des articles éligibles, et éliminé ceux qui ne répondaient aux critères. Les divergences sur le choix des articles à inclure étaient résolues par consensus.

Méthode de tri des articles

Flow chart : méthodologie de sélection des articles adaptée de celle de Moher et al.

Synthèse des articles et des stratégies pour améliorer le taux de couverture vaccinal dans les pays à revenu faible et intermédiaire

N°réf1er auteurDescription des articlesStratégies expérimentéesConclusion des auteurs
AnnéeLieu d’étudeType d’étude  
[7]Uddin MJ2016BangladeshEtude Avant-Après : quasi-experimentale  Population d’étude : enfants de 0 à 11 mois des zones rurales difficiles à atteindre et dans des zones urbaines où vivent les habitants des rues. Logiciel « mTika » utilisé pour enregistrer la naissance de chaque enfant et rappeler aux mères les dates de vaccination à venir par des messages texte. Smartphones Android équipés de mTika fournis à tous les assistants de santé/vaccinateurs et superviseurs dans les zones d’intervention. Les mères ont utilisé des tél portables ordinaires qu’elles possédaient déjà ou qui appartenaient à leur famille. La couverture vaccinale avant et après l’intervention était évaluée.L’étude a démontré qu’une intervention par téléphone mobile peut améliorer la couverture vaccinale dans les communautés rurales difficiles à atteindre et dans les communautés urbaines de la rue au Bangladesh. Cette démonstration réussie à petite échelle devrait servir d’exemple à d’autres pays à faible revenu où l’utilisation du téléphone mobile est élevée.
[8]Xeuatvongsa A2016Lao People’s Democratic RepublicA quasi-experimental pilot studyTél portables et crédits pour tél fournis aux volontaires de la santé du village (VSV) et aux personnels de santé (PdS) pour évaluer si cela pouvait améliorer l’administration de l’HepB-BD, ainsi que la notification des naissances et l’augmentation des visites à domicile. Dix districts d’intervention sélectionnés où VSV et PdS formés, supervisés, ont reçu une indemnité journalière de sensibilisation pour effectuer des visites à domicile, et ont reçu des tél portables et des crédits téléphoniques. Une enquête postérieure à l’étude a comparé la couverture par l’HepB-BD des enfants nés pendant l’étude et des enfants nés un an auparavant.Nos résultats suggèrent que la fourniture de téléphones et de crédits téléphoniques pourrait être un facteur important d’augmentation de la couverture vaccinale. Cependant, les raisons de l’amélioration dans les deux bras sont multifactorielles et discutées.
[9]Brown VB2016Ibadan, Nigeria AFRIQUEcluster randomized controlled trial/essai controllé randomisé en grappe   LGA= Local Government Areas=unité d randomisationIntervention dirigée par une infirmière en santé communautaire. Les auteurs  ont évalué l’effet de l’intervention de rappel/rappel (R/R) et de la formation des prestataires de services de vaccination en soins de santé primaires (PHCIPT) sur l’achèvement de la vaccination de routine chez 595 nourrissons. Quatre LGA sélectionnées, randomisées pour recevoir un – tél cellulaire R/R seulement (A), – PHCIPT uniquement (B) ; – une intervention combinée R/R et PHCIPT (C) ou servir de groupe témoin (D). Enfants de 0 à 12 semaines recrutés dans chaque groupe et suivis pendant 12 mois. Principal critère d’évaluation: achèvement de la vaccination de routine à l’âge de 12 mois.En conclusion, le rappel par téléphone cellulaire s’est avéré efficace pour améliorer l’achèvement de la vaccination dans ce contexte nigérian. Son utilisation est recommandée pour une mise en œuvre à grande échelle.
[10]Habib MA2017Pakistana cluster randomised controlled trial (community-based three-arm cluster randomised trial) essai communautaire randomisé contrôlé en grappes à trois brasPopulation d’étud: enfants en bonne santé âgés de 1mois  à 5 ans habitant dans 3 districts ciblés par l’étude. Introduction du vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) en combinaison avec le VPOral. Bras A : groupe témoin reçoit les programmes d’activités de vaccination polio de routine. Bras B : interventions supplémentaires avec des actions de proximité et une mobilisation de la communauté en utilisant un paquet de communication amélioré et en fournissant des services de santé maternelle et infantile préventifs à court terme et une vaccination de routine (campagnes de santé), y compris des VPO. Bras C : toutes les interventions de BMalgré les défis associés à l’objectif final de la poliomyélite dans les zones à haut risque et touchées par le conflit au Pakistan, une stratégie de mobilisation communautaire et de campagnes de santé et de vaccination communautaires ciblés pendant les campagnes de vaccination contre la poliomyélite a permis d’augmenter la couverture vaccinale, y compris celle contre la poliomyélite.  
[11]Wallace AS2017Nepalmatched analytical method/ méthodes d’analyse par appariementLes stratégies mondiales d’élimination de la rougeole et de la rubéole et d’éradication de la poliomyélite offrent la possibilité de renforcer les services de vaccination de routine (SVR) par des activités de vaccination supplémentaires (AVS).Lors de la mise en œuvre des AVS, il convient de se concentrer sur les activités qui sont facilement liées entre les AVS et les services de SVR, comme l’utilisation de la liste des villages à haut risque de l’AVS pour renforcer la micro planification du SVR et l’examen des moyens de minimiser l’impact d’une AVS sur la programmation des séances de SVR.
[12]Chandir S2017PakistanLes participants de Karachi, au Pakistan, ont été randomisés individuellement dans un essai de groupe de sept bras,mobile-based conditional cash transfers (mCCTs) étude factorielle ouverte avec : 5 bras (arm) mCCT1 bras un seul rappel (SMS) 1 bras servant de témoin  De petits mCCT (0,8 à 2,4 USD par visite de vaccination) peuvent augmenter le FIC(fully immunized child) à 12 mois et la couverture actualisée à 18 mois à raison de 23 USD par enfant supplémentaire complètement vacciné, dans des contextes où les ressources sont limitées comme au Pakistan. Les détails de la conception (certitude, calendrier et méthode d’exécution des TCM) comptent autant que le montant des paiements.
[13]Gibson DG2017Kenya,  a cluster randomised controlled trial.    Essai contrôlé randomisé par grappes : villages répartis de manière aléatoire et uniforme en quatre groupes: – gr témoin, – gr SMS seul, + 75 Kenya Shilling (KES) incitation – gr SMS + 75 Shilling Kenyan incitation, et – gr SMS + 200 KES Les participants des groupes d’intervention ont reçu des rappels par SMS avant les visites programmées de vaccination contre le pentavalent et la rougeole. Les participants des groupes d’incitation recevaient en outre de l’argent si leur enfant était vacciné à temps (vaccination dans les deux semaines suivant la date prévue). Soignants et enquêteurs n’étaient pas mis en aveugle.  Les enfants du groupe SMS plus 200 KES étaient significativement plus susceptibles d’être complètement vaccinés à l’âge de 12 mois (risque relatif 1-09, IC 95% 1-02-1-16, p=0-014) que les enfants du groupe témoin. Dans un contexte où les niveaux de couverture vaccinale de base étaient élevés, les rappels par SMS associés à des incitations ont amélioré de manière significative la couverture vaccinale et la rapidité de la vaccination. La proportion d’enfants complètement vaccinés (recevant le BCG, trois doses de vaccin antipoliomyélitique, trois doses de vaccin pentavalent et le vaccin anti-rougeoleux) à l’âge de 12 mois était le résultat principal et a été analysée à l’aide d’une régression log-binomiale et d’équations d’estimation générales pour tenir compte de la corrélation au sein des groupes.
[14]Nguyen NT2017VietnamPopulation d’étude: enfants nés dans la province de Ben Tre en septembre et octobre 2013, 2014 et 2015, Avant-intervention, Après-intervention et 1 an Après-intervention. Enquête rapide menée pour comprendre la volonté des parents d’enfants à vaccinés de payer pour recevoir des messages de rappel par SMS sur le calendrier de vaccination.Vietnam National Expanded Program on Immunization (NEPI) a piloté la mise en place d’un registre de vaccination numérique ImmReg, (digital immunization registry) Les données exportées d’ImmReg ont été utilisées pour comparer le taux d’immunisation, le taux d’abandon et la rapidité de la vaccination Avant et Après l’intervention.Un registre de vaccination numérique comprenant des rappels par SMS peut améliorer la couverture vaccinale et la rapidité de la vaccination, renforçant ainsi la qualité et l’efficacité des programmes de vaccination. L’intégration de ce système dans le système national d’information sur la santé et sa mise à profit pour d’autres programmes de santé, tels que la santé et la nutrition maternelles et infantiles, ainsi que la lutte contre les maladies infectieuses, peuvent apporter davantage d’avantages au système de santé vietnamien.
[15]Kazi AM2018PakistanRandomized controlled trial, essai randomisé contrôléPopulation d’étude : Nourrissons âgés de moins de 2 semaines et dont au moins un membre de la famille disposait d’un téléphone portable et était à l’aise pour recevoir et lire des SMS. Les participants ont été répartis de manière aléatoire entre : -le groupe d’intervention (soins standard + rappel par SMS à sens unique) et le -groupe témoin (soins standard).  Résultat attendu : comparer la proportion d’enfants vaccinés à jour à l’âge de 18 semaines. Les vaccins administrés à 6, 10 et 14 semaines comprennent le vaccin DPT-Hep-B-Hib (c’est-à-dire diphtérie, coqueluche, et le tétanos ; l’hépatite B ; et l’Haemophilus influenza type b) et le vaccin oral contre le poliovirus (OPV). Résultat : taux de couverture vaccinale de routine plus élevée dans le groupe d’intervention selon les analyses en ITT lors de la visite prévue à 6 semaines (76,0 % contre 71,3 %, p=.36). Des rappels par SMS automatisés, simples et à sens unique, en langues locales, pourraient permettre d’améliorer la couverture vaccinale de routine. L’amélioration de la couverture et de la ponctualité de l’IR doit être évaluée par des études plus puissantes et en comparant différents types et contenus de SMS dans les pays à faible et moyen revenus.
[16]Seth R2018Inde, milieu ruralEssai contrôlé randomisé/Randomized control trial .    Population d’étude: enfants≥24mois assignés au hasard à un groupe témoin ou à l’un des deux groupes expérimentaux. Envoi de rappels automatisés par téléphone mobile avec ou sans incitations, liées à l’observance pour les groupes expérimentaux. La couverture vaccinale a été analysée en utilisant une régression de Poisson multivariable. Une plateforme biométrique en nuage(cloud) a été utilisée pour l’identification positive, la tenue de dossiers pour tous les groupes et l’envoi de rappels automatisés par téléphone mobile, avec ou sans incitations liées à la conformité.La couverture vaccinale médiane à l’inscription était de 33 % dans tous les groupes et a augmenté: à 41,7 % (intervalle interquartile [IQR] : 23,1 %-69,2 %), 40,1 % (IQR : 30,8 %-69,2 %) et 50,0 % (IQR : 30,8 %-76,9 %) à la fin de l’étude dans le groupe témoin, le groupe avec rappels par téléphone mobile et le groupe avec incitations liées à l’observance, respectivement. Les incitations liées à l’observance sont une intervention importante pour améliorer la couverture et la rapidité des vaccinations chez les jeunes enfants dans des contextes où les ressources sont limitées.
[17]Oladeji O2019South Sudan  Etude interventionnelle communautaireSensibilisation des communautés à la nutrition et à la vaccination ; Intégration des services de vaccination dans les services de nutrition  L’étude avait montré que la couverture vaccinale s’était effectivement améliorée avec l’intégration dans les services de nutrition. Les enfants vaccinés en centres de nutrition étaient moins nombreux à manquer de Rendez-Vous=MOV (OR=0,27 ;IC95% :0,20 à 0,35 avec p<0,05)
[18]Domek GJ2019GuatemalaA randomized clinical trialParticipants éligibles : les nourrissons âgés de six semaines à 6 mois se présentant à la 1ère  visite de la série de primovaccination répartis de manière aléatoire et égale entre un groupe d’intervention et un groupe de soins habituels. Les participants à l’intervention ont reçu 03 rappels par SMS avant les 2ème  et 3ème  visites de vaccination. Principal résultat= ponctualité des 2ème et 3ème  visites de la série de primo vaccination. Sur 871 familles éligibles, 720 (82,7 %) ont participé; seules 54 familles ne possédaient pas de téléphone portable. L’achèvement des visites était indicateur de la couverture vaccinale globale.Les soignants de l’intervention étaient beaucoup plus susceptibles de vouloir recevoir des rappels par SMS pour les vaccins et autres rendez-vous et étaient plus disposés à payer pour ces rappels. Les soignants qui ont reçu des rappels par SMS dans les zones urbaines et rurales du Guatemala étaient moins en retard pour les visites de vaccination de leur enfant et se sont déclarés très satisfaits des utilisateurs. Les rappels par SMS peuvent être un outil efficace pour augmenter la couverture vaccinale des nourrissons dans les milieux à faibles revenus en rappelant aux parents de se faire vacciner. Dans l’analyse en intention de traiter, les
[19]Abhijit Banerjee2019IndeTwo Randomized Controlled Trials Using Gossips to Spread Information= Utiliser les commérages pour diffuser l’informationDans 521 villages de l’Haryana, les auteurs avaient fourni des informations sur les campagnes de vaccination mensuelles à des personnes choisies au hasard (dans certains villages) ou à des individus désignés par les villageois comme étant des personnes aptes à transmettre l’information (dans d’autres villages) sous forme de commérages.Les auteurs ont constaté que le nombre d’enfants vaccinés chaque mois est  de 22% plus élevé dans les villages où les nominés ont reçu l’information. La connaissance qu’ont les gens des individus hautement centraux et des bonnes semences peut être expliquée par un modèle dans lequel les membres de la communauté suivent simplement la fréquence à laquelle ils entendent des ragots sur les autres. Dans un 3ème  ensemble de données, les semences désignées sont centralisées et ne sont pas seulement celles qui ont beaucoup d’amis ou qui occupent des postes puissants.
[20]Johri M2020IndeCluster-randomized pilot trial3 stratégies : – santé mobile mHealth (capsule audio éducatives divertissant) – rappel vocal de vaccination via tél mobile – en présentiel (face à face) (3 rencontres en petits groupes) – groupe témoin : reçoit les services de santé habituels)Les interactions face à face restent nécessaires  pour atteindre l’équité et à la portée 7,4% pour mHealth et la communication pour le changement de comportement via les tél portables s’est avéré viable, et a contribué à la normalisation et à l’évolutivité  
[21]Pérez MC2020IndeA mixed methods evaluation of a pilot cluster randomized controlled trial(essai pilote randomisé, contrôlé en grappes).Tika Vaani intervention : 2 stratégies: a) mHealth (utilise des téléphones mobiles pour envoyer des rappels de vaccination et des messages audio) et b) la mobilisation communautaire (réunions en face à face) dans les villages indiens ruraux.Bien que l’intervention était évaluée dans le contexte d’un essai randomisé qui pourrait expliquer le haut niveau de fidélité obtenu, cette évaluation fournit des preuves confirmant que les résultats de l’étude reflètent la théorie sous-jacente. La plateforme mobile couplée à la mobilisation communautaire était bien accueillie par les participants et pourrait être un moyen utile d’améliorer les connaissances en santé et de modifier les comportements.
[22]Jusril H2020IndonesiaA large-scale effectiveness evaluation:L’évaluation à grande échelle fournit les moyens et les méthodes pour construire systématiquement les informations que les adoptants de programmes fondés sur des preuves recherchent lorsqu’ils décident quel programme fonctionnera pour eux, dans leur situation, et qui peut répondre spécifiquement à leurs besoins.Une plateforme numérique de santé introduite pour le suivi en temps réel d’une campagne nationale de vaccination en Indonésie était réalisable, bien appréciée et associée à une amélioration de la résolution des problèmes et des performances du programme, en particulier dans les districts touchés par l’hésitation à se faire vacciner.  
[23]Oyo-Ita A2021Cross River State, Nigeria  A cluster-randomised control trial LGA (Local Government Areas)=unite d’étude Une intervention à composantes multiples  Quatre LGA urbains et quatre LGA ruraux ont été randomisés dans les bras d’intervention et de témoin de l’étude. Les enquêtes de base, intermédiaire et finale ont permis de recueillir des informations sur les enfants âgés de 0 à 23 mois. Une intervention à plusieurs composantes impliquant la formation des chefs traditionnels et religieux a été mise en œuvre dans les quatre zones d’intervention.Une formation informelle visant à améliorer les connaissances des chefs traditionnels et religieux en matière de vaccination et leur rôle de leader peut leur permettre d’exercer une bonne influence sur la vaccination des enfants. Ils constituent des ressources inexploitées dans la communauté pour stimuler la vaccination de routine.
[24]Levine G2021Northern Ghana  A 3-armed cluster randomized controlled trial/ essai randomisé en grappe à 3 bras  Essai randomisé en grappes ouvert 1:1:1 avec trois bras dans 15 communautés randomisées Bras 1 : une intervention de rappel d’appel vocal= » rappel par appel vocal  » Bras 2 : une intervention de volontaires en santé communautaire (VSC) avec des récompenses incitatives = volet incitatif Bras 3 : témoin Dans le groupe  » rappel par appel vocal « , un membre du personnel de l’étude a appelé les mères, peu après la naissance pour les encourager à se faire vacciner et leur fournir des informations personnalisées sur les services de vaccination disponibles. Dans le volet incitatif (bras 2), les VSC ont encouragé la vaccination des nourrissons et informé les femmes ayant accouché récemment des possibilités de vaccination disponibles.Une enquête basée sur la population a comparé la couverture vaccinale entre les bras dans les périodes de pré-intervention et d’intervention. Dans l’analyse ajustée en intention de traiter, les rappels par appel vocal ont été associés à une augmentation de 10,5% (IC 95 % : 4,0, 17,1) de la couverture vaccinale dans les délais, tandis que les incitations par téléphone mobile ont été associées à une augmentation de 49,5% (IC 95 % : 26,4, 72,5) de la couverture vaccinale. Les interventions communautaires utilisant le téléphonie mobile peuvent améliorer la couverture vaccinale précoce en temps voulu. Une approche VSC avec des incitations pour les travailleurs communautaires et les soignants était une stratégie plus efficace que les rappels par appel vocal. L’impact des  » coups de pouce  » à la vaccination par le biais d’appels vocaux peut être limité dans les contextes où la couverture réseau et la possession de téléphones sont limitées.  
[25]Mekonnen ZA2021Northwest EthiopiaSuperiority Randomized Controlled TrialEssai contrôlé randomisé de supériorité à deux bras, en parallèle, mené dans 9 établissements de santé du nord-ouest d’Ethiopie. Randomisation appliquée dans les établissements de santé sélectionnés lors de l’inscription, avec un ratio d’allocation 1:1 en utilisant des enveloppes scellées et opaques. Le groupe d’intervention a reçu des rappels par SMS un jour avant les visites de vaccination prévues. Une approche d’analyse en intention de traiter était appliquée et un test unilatéral rapporté, compte tenu de la conception de supériorité de l’essai.Sur les 852 SMS envoyés automatiquement par téléphone mobile, 764 (89,7 %) ont été remis avec succès aux participants. Les rappels par SMS ont amélioré de manière significative la réception complète et en temps voulu de tous les vaccins recommandés. En outre, ils ont eu un effet significatif sur la réception en temps voulu de vaccins spécifiques. Ainsi, les rappels par SMS peuvent être utilisés pour compléter le programme de vaccination systématique dans des contextes où les ressources sont limitées. Compte tenu des différents contextes, il est recommandé de mener des études sur les difficultés de mise en œuvre des interventions de santé mobiles.
[26]Sebastian J2021Inde sudEtude interventionnelle prospective (2ans: 2016 à 2018) de type Avant- Après  Population d’étude: Professionnels de la santé invités à répondre à la 1ère section du questionnaire au début de l’étude et à nouveau trois semaines après l’intervention éducative. Aux mêmes moments, clinique de vaccination et zone de stockage des vaccins étaient observées afin d’évaluer les pratiques des professionnels de santé à l’aide de la 2ème  section du questionnaire. Parents venus (un parent par établissement de santé sélectionné) faire vacciner leurs enfants = recrutés après un consentement éclairé écrit, et la 3ème  section du questionnaire était utilisée pour évaluer la communication entre les professionnels de santé et les parents.L’éducation et la motivation continues, peuvent entraîner des changements de comportement positifs sur les meilleures pratiques de vaccination parmi les professionnels de la santé impliqués dans la vaccination, ce qui peut contribuer à améliorer et à maintenir la sécurité et la qualité de l’utilisation des vaccins dans les centres de vaccination, quel que soit le type d’établissement.
[27]Idris IO2021South Sudan  Retrospective intervention studyNous avons extrait les données relatives à la prise du vaccin pentavalent (1ère, 2ème  et 3ème  dose) administré aux enfants âgés de 6 semaines à 23 mois à partir des registres de vaccination de janvier à juin 2019 avant l’intégration des services de vaccination et de juillet à décembre 2019 après l’intégration des services de vaccination du site Web du système d’information sanitaire de district 2 afin d’estimer les ratios de prise vaccinale et les taux d’abandon.L’intégration de la prestation de services de vaccination dans les sites de nutrition et les services de consultations externes pour enfants a permis d’améliorer la couverture vaccinale et de réduire les taux d’abandon dans les comtés de Rumbek Est et Rumbek Centre au Sud-Soudan. Cette preuve d’impact positif devrait encourager les parties prenantes du Programme élargi de vaccination à se concentrer sur la durabilité et l’extension de cette intervention à d’autres comtés du Sud-Soudan, dans la mesure où cela est possible sur le plan logistique.
[28]Oladepo O2021Nigeria  Quasi-experimental design/ essai communautaire3500 mères de nourrissons réparties entre les groupes d’intervention et témoin. Des SMS de rappel ont été envoyés aux mères du groupe d’intervention pendant 10 mois. Le respect des dates de rendez-vous pour les vaccinations de routine et la réalisation de toutes les vaccinations étaient plus élevés dans le groupe d’intervention comparé au groupe témoin.Une association significative entre le respect des dates de rendez-vous et l’achèvement de la vaccination de routine était trouvée. Le groupe d’intervention avait un taux d’achèvement significativement plus élevé pour les vaccins contre la rougeole et la fièvre jaune par rapport au groupe de contrôle. Les interventions utilisant les SMS de rappel ont amélioré l’administration de la vaccination des nourrissons; nous recommandons de les étendre et de les intégrer au système de santé pour augmenter la couverture vaccinale nationale.
[29]Kagucia E2021KenyaEssai contrôlé randomisé individuel  Population d’étude: soignants; parents de nourrissons éligibles âgés de 6 à 8 mois ont été recrutés. Essai contrôlé randomisé individuel à 03 bras parallèles: bras 1= groupe témoin (sans intervention) bras 2 : 3 SMS de rappel envoyés 3 jours avant et 1 SMS avant la date du calendrier bras 3 : 2SMS + 150 shillings Kenyen incitatifs envoyés 3jours avant le calendrier de vaccination prévu. Visite à domicile de l’équipe de recherche quand l’enfant a 12 mois  pour vérifier et confirmer l’état de vaccinationLa couverture opportune du “Measles Containing Vaccin 1”(MCV1) était de 68% chez les nourrissons du groupe témoin, contre 78% dans chaque groupe d’intervention. Pas de différence significativement élevée, entre groupe témoin et bras 1 du RCT mais une augmentation statistiquement significative dans le groupe SMS + 150 KES (1,16; IC à 95 % de 1,01 à 1,32; p=0,035 ; 10,6 % ; IC à 95 % de 0,8 à 20,3 % ; p=0,034). Ces résultats suggèrent que l’effet des rappels par SMS couplés à une petite incitation monétaire inconditionnelle sur la prise du MCV1 est comparable à celui des rappels par SMS seuls sans incitation monétaire, ce qui limite leur utilité.

III-RÉSULTATS

La recherche systématique a identifié 468 articles parmi lesquels 23 étaint inclus dans la presente revue dont 09 études étaient menées en Afrique; 05 en Inde; 03 au Pakistan; 01 au Nepal; 01 Indonésie; 01 Guatemala; 01 Vietnam; 01 Bangladesh; 01 République démocratique populaire du Laos.

Parmi les 9 études de la région  Afrique, deux étaient menées au Soudan par Oladeji O et al; 2019[19]; et Idris IO et al., en 2021[27]; trois au Nigéria: par Brown VB et al., en 2016[9]; par Oyo-Ita A et al., en 2021[23] et par Oladepo O et al. en 2021[28]. Une étude était realisée au Nord du Ghana par Levine G et al., 2021[24]; deux études étaient menées au Kenya, en 2017 par Gibson DG et al.[13], et en 2021 par Kagucia[29], et la neuvième étude était menée en Ethiopie en 2021 par Makonnen ZA  et al.[25].

Cinq études étaient réalisées en Inde: par Shet A et al., en 2018[16]; parAbhijit Banerjee et al., en 2019 ; par Johri M et al., 2020; Pérez MC et al., en 2020; Sebastian J et al.,en 2021. Les trois études de Pakistan étaient de Chandir S  et al. , 2017, de Habib MA et al., 2017; et de Kazi AM et al., en 2018.

Les six études restantes étaient menées au Bangladesh par Uddin MJ   et al., 2016; au Nepal (Wallace AS et al., 2017); au Vietnam (Nguyen NT et al., 2017); au Guatemala (Domek GJ et al., 2019); et en Indonésie (Jusril H et al., 2020) 

Design d’étude: En somme, 07 études étaient des essai contrôlé randomisé en grappe (cluster randomized controlled trial) ; 07 autres étaient des essais contrôlés randomisés (Randomized trial) ; 04 études quasi experimentales=community trial; 03 Interventions AVANT-APRES ; 01 matched analytical study ; 01 large-scale effectiveness evaluation(évaluation de l’efficacité à grande échelle).

Les études décrivaient des interventions visant à augmenter l’utilisation, le taux d couverture vaccinale; et deux études visaient à améliorer à la fois la disponibilité et l’utilisation des services. Toutes les études ont fait état d’un changement positif dans leur indicateur de résultat primaire. Les études varient en ce qui concerne le type d’intervention évaluée, la conception de l’étude et la durée de l’évaluation de l’intervention.

Les interventions qui ont été expérimentées dans cette revue  étaient multiples.

– L’intégration des services de vaccination dans les services de nutrition (Oladeji O et al. au Sud-Soudan; [) ou dans les sites de consultations externes pour enfants (Idris IO, Sud-Soudan 2021;)[27] a eu des résultats positifs dans l’augmentation du taux de vaccination.

– Le renforcement des services de vaccination de routine (SVR) par des activités de vaccination supplémentaires (AVS) était positivement rapporté par l’étude de Wallace AS, au Nepal en 2017. Différents types d’interventions, de rappel des patients et des combinaisons de certains types d’interventions ont été notés.

Stratégies misant sur l’utilisation de téléphones portables pour les rappels de rendez-vous conforme au calendrier de vaccination prévu.

Treize publications sur 22(61,9% des articles) décrivaient l’impact des rappels de vaccination via tél mobile par SMS ou par message vocal (Uddin MJ, Bangladesh, 2016[7]; Brown VB, Nigeria 2016 ;[9];  Xeuatvongsa A, au Laos, 2016 [8]; Johri M, Inde 2020 [20]; Pérez MC, Inde 2020[21]; Mekonnen ZA, Ethiopie,2021[25]; Domek GJ, Guatemala 2019[18]; Levine, Ghana, 2021[24]; Gibson DG, Kenya, 2017 [13]; Chandir, Pakistan 2017[12]; Xeuatvongsa A, au Laos, 2016 [8]; Kazi AM, Pakistan, 2018[15] ; Oladepo O, Nigeria en 2021)[28].

Les interventions visant le changement de communication sociale (formation des chefs traditionnels et religieux en matière de vaccination;  (Oyo-Ita A 2021;Cross River State, Nigeria)[23]; L’éducation et la motivation peuvent entraîner des changements de comportement positifs (Sebastian J, Inde 2021) (Abhijit Banerjee (Gossip=commérages).[26];[19].

Interventions misant sur la formation  et l’engagement communautaire

  • l’engagement communautaire et l’intégration des campagnes d’immunisation à des campagnes de santé (interventions supplémentaires avec des actions de proximité et une mobilisation de la communauté /participation communautaire en utilisant un paquet de communication amélioré et en fournissant des services de santé maternelle et infantile préventifs à court terme) (Habib MA ; 2017 au Pakistan[ ; Abhijit Banerjee (Gossip)[19] ; Perez MC.[21], Inde(plateforme numérique couplé à la mobilisation communautaire) ; Oyo-Ita,  Nigeria [23] ; Levine G, Ghana[24];  (intervention volontaire avec incitation (récompence).

Diverses formes d’incitations:

  • Petits transferts monétaires conditionnels mobiles de montants, d’horaires et de conception différents (Chandir S, Pakistan 2017[12] ; Gibson DG, Kenya [13]; Kagucia E, Kenya [29]; Levine G ; Ghana(intervention de volontaires communautaires avec incitation monétaire)et rappel si réseau internet fonctionne [24].
  • Offre de téléphone mobile et de crédits aux agents de santé et volontaires qui s’occupent de vaccination (Xeuatvongsa A, au Laos, 2016)[8].

Disposer d’un plateforme numérique, registre numérique des vaccinations comprenant des rappels par SMS (Nguyen NT, Vietnam 2017)[14] ; Johri M, Inde(mHealth)[22] ; Seth R et al., Inde(plateforme biométrique)[16] ; Perez MC, Inde (mHealth=Tika) [21]; Idris IO, Soudan [27] (site web d’information sanitaire: intégration des services de vaccination dans les sites web de services de nutrition ou sites des services de consultation externes.

  • Plateforme numérique pour le suivi en temps réel d’une campagne nationale de vaccination (en Indonésie, Jusril H, 2020)[22] ou pour rappeler les dates de vaccination (Uddin MJ, Bangladesh 2017)[7]
  • Rappels par téléphone mobile + incitations (Gibson DG, Kenya [13]; Levine G, Northern Ghana. 2021 [24])

IV-DISCUSSION

Beaucoup de stratégies ont été expérimentées pour augmenter la couverture vaccinale mais la plupart des expériences ont été menées dans les pays industrialisés à revenu élevé. La présente revue systématique de littérature avait pour objectif principal de recenser toutes les stratégies testées dans le pays à faible et moyen revenus et qui ont fait preuve d’une certaine efficacité prouvée par des essais contrôlés ou par des essais communautaires. D’après les résultats, la stratégie la plus rapportée était basée sur les rappels utilisant pour la plupart le message téléphonique sous forme de texte ou vocal et appuyées ou non par des incitations financières. Ces stratégies ont déjà fait leur preuve d’efficacité dans les pays à revenu élevé. En effet, les rappels et les incitations par SMS (short message service) sont deux interventions qui se sont avérées efficaces pour diminuer les barrières de l’oubli, le manque de connaissances et les frais de transport. Les incitations financières quoique n’ayant pas eu la l’unanimité dans la présente revue, constituent une intervention importante pour améliorer la couverture et la rapidité des vaccinations chez les jeunes enfants dans des contextes où les ressources sont limitées.

L’application de ces interventions aux vaccinations pédiatriques de routine pourrait améliorer la couverture vaccinale et la rapidité d’exécution. Mais, la plupart des recherches disponibles s’appuient sur des données provenant de pays à revenu élevé. Jacobson Vann JC et al., ont mené une revue systématique de littérature ayant pour objectif, d’évaluer l’efficacité des systèmes des rappels des patients pour améliorer les taux d’immunisation, et comparer les effets de divers types de rappels dans différents contextes ou populations de patients. Les résultats ont en effet montré que tous les types de rappels ont été efficaces (cartes postales, lettres, appels téléphoniques ou appels automatiques), mais le téléphone étant le plus efficace mais aussi le plus coûteux. Les auteurs ont conclu que les systèmes de rappel et le rappel des patients dans les établissements de soins primaires sont efficaces pour améliorer les taux de vaccination dans les pays développés.[30] Dans les pays à revenu faible, le nombre de mères ou de familles possédant un téléphone portable peut être moins nombreux que dans les pays à revenu élevé. Et, dans ces pays, le réseau internet ne fonctionne pas toujours aussi bien qu’ailleurs surtout en milieu rural. Mais cette revue a toutefois démontré que lorsqu’on utilise ces moyens téléphoniques même dans les pays à faible revenu son efficacité est prouvée. En outre,

si on veut des résultats positifs, enlever toutes barrières à l’accès aux vaccins est la voie principale. La faible disponibilité et l’accès limité aux services d’immunisation constituent en effet une de ces barrières pour les pays à faible revenu.

-L’hésitation des mères à faire vacciner les enfants révèle d’un besoin de communication plus simple mais plus claire et rassurante sur les bienfaits des vaccins. Les mères ont besoin d’être informées. Dans la présente revue, l’impact positif de la participation communautaire est rapporté. Et cela rejoint la définition de la mobilisation sociale ou “social mobilization” de Ofosu-Amaah S et al., comme étant  une action collective pour atteindre le résultat souhaité [31]. Ainsi, furent suggérées comme mesures de communication à adopter de:

-renforcer la voix du personnel de santé dans la présentation du vaccin comme norme sociale.

– faire comprendre que la vaccination concerne tout le monde d’où les études insistant sur l’importance de la participation communautaire pour exhorter la mobilisation sociale autour de la vaccination.

Selon Cataldi JR et al., les stratégies visant à augmenter les taux de vaccination comprennent des interventions ayant un impact direct sur le comportement des médecins, les processus cliniques et de santé publique, les comportements des patients et les politiques. [32]. Dans cette revue fut également rapporté, par certains pays à revenus faible et intermédiaire, et expérimenté avec des résultats positifs, l’utilisation de moyen plus moderne de gestion des donnés mais également de rappels automatisés.

Selon Mouser A., les recherches futures devraient donner la priorité à la compréhension de ce qui fonctionne pour améliorer les taux de vaccination dans différents pays et pourquoi, en se concentrant sur l’amélioration de la base de données probantes pour les pays à revenu faible et intermédiaire [33].

Les limites de cette revue systématiques étaient de n’être intéressé que par les articles publiés en français ou en anglais et elle risque ainsi de perdre des données provenant des autres langues de publication et souffrir de biais d’information.

CONCLUSION :

Plusieurs stratégies ont été recensées dans cette revue de littérature et tester une stratégie unique ne sera pas suffisant pour augmenter le taux de couverture vaccinale, une combinaison de stratégies nous semble plus judicieuse pour de meilleurs choix.

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