Impacts des variations de saisons sur la tension artérielle: étude rétrospective.

Revue Sciences Santé | Non classé

Article original

VENEROZIA MARIE Théodore1,2, RAZANAMIHAJA Noeline1,2, RAJABO Antonin1,2

  1. École Doctorale Nutrition-Environnement et Santé, Université de Mahajanga
  2. Laboratoire d’Epidémiologie et Biostatistique en Santé de Populations (LabEBSP)

Résumé :

Contexte : Les nombreuses études de l’impact des variations saisonnières sur la pression artérielle, menées dans plusieurs pays, avaient rapporté l’existence de corrélation entre la température ambiante et la pression artérielle. Des valeurs de pressions artérielles plus élevées pendant l’hiver étaient rapportées. La grande majorité de ces études antérieures étaient réalisées dans des pays à grandes variations de saisons. Cette étude rétrospective avait pour objectif d’évaluer les effets des variations de températures saisonnières sur la pression artérielle. L’étude était menée dans deux villes de Madagascar : Antsirabe (dans les hautes terres) et Maevatanana (région côtière). L’hiver malgache est froid et sec tandis que l’été est chaud et humide. A Madagascar il fait plus froid au niveau des hautes terres centrales que sur les côtes. Les données étaient collectées à partir des registres des services de consultations externes et ceux des services météorologiques de 2016 à 2018. L’étude avait ciblé les patients vus en consultations externes et diagnostiqués hypertendus. Les résultats ont montré que 3490 patients étaient diagnostiqués d’hypertension artérielle durant les trois années d’étude. Leur moyenne d’âge était de 46,6 (13,7) ans et 72,1% était des femmes. A Antsirabe, la température hivernale variait en moyenne entre 7°C à 16°C tandis qu’en été, elle va de 17°C à 27°C. A Maevatanana, en hiver austral,  la température minimale était de 18°C à 24°C tandis qu’en été elle oscille entre 30°C et 33°C. D’après les données collectées 53,8% des cas avaient bénéficié  de traitement dont 90,5% par une monothérapie; 9,4% par une bithérapie et 0,05% par une tripartie. Dans les deux villes, les valeurs des pressions artérielles systolique et diastolique étaient plus élevées pendant l’hiver austral sauf en 2016. Les valeurs de la pression artérielle systolique augmentaient avec l’âge. Dans l’analyse de régression logistique bivariée, l’âge, le genre, étaient des facteurs significativement associés à l’hypertension. En conclusion, les patients hypertendus doivent surveiller leur tension artérielle plus attentivement par temps froid. Cela pourrait être particulièrement important pour les femmes et les personnes âgées. Mots clés : Tension artérielle, consultations externes, température ambiante, saisons

Abstract :Numerous studies of the impact of seasonal variations on blood pressure, conducted in several countries, have reported the existence of a correlation between ambient temperature and blood pressure. The vast majority of these previous studies were carried out in countries with large seasonal variations.Higher blood pressure values during winter were reported. This retrospective study aimed to assess the effects of seasonal temperature variations on blood pressure. The study was conducted in two cities of Madagascar: Antsirabe (highland town) and Maevatanana (city in the coastal region). The winter in Madagascar is cold and dry while the summer is hot and humid. In Madagascar it is colder in the central highlands than on the coasts. Data were collected from outpatients and from meteorological service registers from 2016 to 2018. The study targeted patients seen in outpatient clinics. The results showed that 3490patients were diagnosed with high blood pressure during the three years of study. Their average age was 46.60 (13.66) and 72.1% were women. In Antsirabe, the winter temperature varies on average between 7°C to 16°C while in summer, it was around 17°C to 27°C. In Maevatanana, during the austral winter, the temperature varies on average between 18°C and 24°C and in summer between 30°C and 33°C. According to the data collected, 53.8% of cases had received treatment, among them, 90.5% of which by monotherapy; 9.4% by a dual therapy and 0.05% by a triple therapy. In both cities, the average prevalence of cases of high blood pressure in the austral winter was higher than in the summer season except in 2016. Systolic and diastolic blood pressures were higher during the austral winter. Systolic blood pressure values increased with age. In conclusion, hypertensive patients need to monitor their blood pressure more carefully in cold weather. This could be especially important for women and the elderly.Keywords: blood pressure, outpatient visits, ambient temperature, seasons

Comment citer cet article : VENEROZIA MARIE T, RAZANAMIHAJA N, RAJABO A. Impacts des variations de saisons sur la tension artérielle à Antsirabe et à Maevatanana de 2016 à 2018 : étude rétrospective. Revue Sc  Santé. 2023 ;1 :

INTRODUCTION

Ces dernières décennies, l’hypertension artérielle (HTA) est devenue une épidémie de santé publique en plein essor où elle occupe près de la moitié de tous les problèmes de santé cardiovasculaire. Selon le rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’hypertension est la principale cause de morbidité et de mortalité dans le monde. [1] Le nombre d’adultes souffrant d’hypertension est passé de 594 millions en 1975 à 1,13 milliard en 2015. C’était surtout dans les pays à revenu faible ou intermédiaire que cette hausse a été observée et c’est dans la Région Afrique de l’OMS que la prévalence de l’hypertension est la plus élevée (27 %) et dans la Région OMS des Amériques qu’elle est la plus faible (18 %). En raison de changement de mode de vie et d’urbanisation, de nombreux pays africains ont désormais une prévalence croissante de l’hypertension artérielle.  Dans les pays en développement, l’hypertension est devenue le cinquième facteur de risque de santé déficient. Environ 80% des décès dans les pays à revenus intermédiaire et faible étaient dus à la complication de l’hypertension artérielle. Parmi les facteurs qui augmentent le risque d’avoir une pression artérielle élevée figurent l’âge avancé, le bagage génétique, la surcharge pondérale ou l’obésité, le manque d’activité physique, une alimentation riche en sel, et la consommation excessive d’alcool [2]. Selon Barnett AG et al., l’hypertension artérielle est, le plus souvent, la conséquence de facteurs environnementaux défavorables, de mode de vie (consommation élevée de sodium, l’obésité) et de prédisposition génétique. D’après les auteurs, l’augmentation des températures extérieures, mais pas intérieures, a eu un effet plus fort chez les femmes que chez les hommes. L’effet de la température extérieure est resté même après le contrôle de la température intérieure [3]. De nombreux autres facteurs, y compris le temps, la saison, l’altitude élevée, le bruit et les polluants atmosphériques peuvent également contribuer à l’augmentation de la pression artérielle. Parmi les facteurs de risque environnementaux, la saisonnalité semble avoir plus d’impacts pertinents sur la tension artérielle. Selon les résultats de l’étude de Brennan PJ  et al., pour chaque groupe d’âge, de sexe et de traitement, les pressions systolique et diastolique étaient plus élevées en hiver qu’en été mais la variation saisonnière de la pression artérielle était plus importante chez les sujets plus âgés que chez les sujets plus jeunes et était très significativement liée aux mesures quotidiennes maximales et minimales de la température de l’air, mais pas aux précipitations [4]. La revue systématique de littérature conduite par Addo J et al., a rapporté que dans les pays à revenus faible et intermédiaire, la prévalence d’HTA est plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural. Et, selon les mêmes auteurs, l’hypertension est d’une importance particulière pour la santé publique en Afrique subsaharienne, en particulier dans les zones urbaines avec des preuves de sous-diagnostic, de traitement et de suivi considérables. Il est urgent de développer des stratégies pour prévenir, détecter, traiter et contrôler efficacement l’hypertension dans la région africaine [5]. Variations météorologiques et HTA : Signalée pour la première fois par Rose en 1961, la variation saisonnière de la pression artérielle a été observée par de nombreux chercheurs, et ce phénomène était noté chez des diverses populations de patients [6]. Depuis, plusieurs études ont suggéré une association entre la température de l’air ambiant et la pression artérielle. En effet, de nombreuses études ont documenté la corrélation entre la température et la pression artérielle dans divers pays chez les adultes, les personnes âgées et même chez les enfants. La variation saisonnière de la pression artérielle est accentuée chez les personnes âgées et peut expliquer en partie la plus grande mortalité par maladie cardiovasculaire des sujets âgés pendant l’hiver [7]. L’étude de Modestie PA et al, a montré  quand à elle, pour la première fois que le temps chaud est associé à une augmentation de la pression systolique la nuit chez les sujets hypertendus âgés traités [8]. Des auteurs ont trouvé également que les facteurs de risque cardio-vasculaire présentent un schéma saisonnier caractérisé par des niveaux plus élevés en hiver et des niveaux plus faibles en été. C’est devenu un phénomène bien connu que la morbidité cardiovasculaire et la mortalité augmentent en hiver et que, la pression artérielle est généralement plus élevée en hiver et plus basse en été. Le phénomène est en partie dû à la thermorégulation entrainant la vasodilatation en été, et la vasoconstriction en hiver avec un effet sur les résistances périphériques. Les résultats de l’étude de Al-Tamer YY et al., ont montré que dans les régions où des changements importants de la température diurne et la durée de la lumière du jour existent à différents moments de l’année, la tension artérielle, le cholestérol sérique et les niveaux de HDL-C changent en conséquence dans un cycle avec augmentation de la pression artérielle et du cholestérol total sérique et des valeurs de HDL-C plus basses pendant la saison la plus froide (LDL=Low density lipoproteins) [9]. Sinha P  et al., ont trouvé également une augmentation significative de la prévalence de l’hypertension en hiver par rapport à l’été et pour eux, cela implique la nécessité de tenir compte de ce facteur lors de la comparaison de la prévalence rapportée dans différentes études ainsi que de l’interprétation des données de surveillance basées sur des enquêtes répétées [10].

Une autre étude menée en Inde en 2018  par Goyal  A  et al., a montré que la pression artérielle augmente de manière significative pendant la saison hivernale par rapport à la saison estivale  et l’augmentation est plus marquée dans les zones rurales et chez les sujets âgés [11]. Selon les études antérieures, divers paramètres météorologiques tels que l’humidité, le gel et l’ensoleillement, la température extérieure déterminent la fluctuation de la pression artérielle est inversement en corrélation avec la pression artérielle. Le froid augmente le tonus sympathique, mis en évidence par la pression artérielle plus élevée tandis que la baisse de la pression artérielle à des températures plus élevées est attribuée à la vasodilatation cutanée et à la perte d’eau et de sel due à la transpiration. Le genre, l’habitude de consommation d’alcool et l’indice de masse corporelle modifient également l’association entre la température et la pression artérielle diastolique. Des études ont confirmé que la température ambiante contribuait à ce phénomène et qu’une diminution de la température ambiante augmentait considérablement la pression artérielle au bureau [12-15]. Si la majorité des études ont suggéré une association entre la température de l’air ambiant et la pression artérielle pour la majorité en utilisant le design d’étude transversale, cependant, cela n’a pas été confirmé de manière fiable par des études longitudinales que par l’étude de Chen Q et al., en 2013. Cette étude explore la relation entre la température ambiante et la pression artérielle, sans et avec antihypertenseurs, dans une étude longitudinale. Les résultats ont démontré que la température ambiante peut réguler négativement la pression artérielle [14]. Par ailleurs, la Société européenne de cardiologie a publié un consensus sur la variation saisonnière de la PA dans ses aspects épidémiologiques, physiopathologiques et son importance en pratique. Ces recommandations s’adressent aux médecins pour les aider dans l’évaluation et la conduite à tenir chez les hypertendus qui requièrent une modification de traitement [16]. À Madagascar, une prévalence de 28 %  de HTA a été retrouvée à Antananarivo, la capitale, en 2009. Les facteurs de risques retenus en analyse multi variée étaient l’âge avançant et les antécédents personnels de PA élevée [17]. Des associations entre température ambiante et tension artérielle ont été démontrées dans des pays où la température varie selon les saisons. Ce phénomène a été négligé dans les enquêtes sur la tension artérielle en Afrique subsaharienne [18]. Aucune étude basée sur l’impact  de la température ambiante, sur l’HTA et le climat de manière adéquate n’a été menée à Madagascar en dehors de clinique. Le but de la présente recherche était d’étudier l’association entre la pression artérielle et la température saisonnière ambiante, et d’explorer les facteurs potentiels qui pourraient impacter cette association.

MATERIELS ET METHODE

a) Matériels :

Différents auteurs  ont mesuré l’interaction soit par la température intramuros (au bureau, à la maison) ou lors de la surveillance ambulatoire de la pression artérielle dans les centres de santé et ils ont rapporté pour la  grande majorité qu’il y a interaction entre pression artérielle et saison froide (température). (Modesti PA et al.)[6] Dans notre étude, la pression artérielle était mesurée lors  des consultations externes dans des centres de santé dont les données ont été consignées dans des registres de l’année 2016, 2017 et 2018. Les données météorologiques ont été mesurées par les agences régionales observatoires de données climatiques.

b) Méthode :

Lieux d’étude : Madagascar se situe dans la zone intertropicale. L’ile dispose principalement de plusieurs régions climatiques. Le littoral est caractérisé par un climat chaud et humide, les hautes terres jouissent d’un climat d’altitude, , la région ouest est caractérisée par un été chaud et humide, l’extrême sud a un climat de type semi-aride et la région de Sambirano avec un climat analogue à celui de la côte Est. Au centre de l’île, les hautes terres, où se situe la capitale Antananarivo, se trouvent à une altitude qui varie de 1200 à 1500 mètres. Le climat peut être assimilé à un climat de type méditerranéen avec des températures annuelles moyennes de l’ordre de 20°. L’année comporte trois saisons bien distinctes une saison pluvieuse et moyennement chaude de Novembre à Mars, une saison fraîche de Mai à Septembre, une saison sèche et relativement froid (hiver austral) d’Avril à Octobre [19]. La côte Ouest de Madagascar possède un climat tropical avec des températures plutôt élevées, accompagnées d’une forte humidité où la température moyenne mensuelle ne descend pas en dessous de 18 °C tout au long de l’année. Il existe également une saison des pluies de novembre jusqu’à mars, avec des risques de cyclones. L’étude s’était déroulée dans deux villes de Madagascar: à Antsirabe, située dans les hautes terres à climat méditerranéen  et  à Maevatanana, sise dans la région ouest de la grande île, à climat tropical.  La ville d’Antsirabe fait partie de la région des hautes terres centrales où la température annuelle moyenne oscille de 7°C à 20°C. Tandis que la ville de Maevatanana, se situe dans la région ouest à climat de type tropical où la température varie entre 15° C et 37°C [20].

Population d’étude : La population d’étude incluait les patients âgés de 18 ans et plus, souffrant de HTA, diagnostiqués lors des consultations externes en 2016, 2017 et 2018. La taille de l’échantillon était exhaustive, déterminée par le nombre de cas de HTA répondant aux critères d’inclusion, identifiés dans les registres. 

Type d’étude : Il s’agissait d’une étude rétrospective basée sur consultation de registres. L’étude évaluait l’exposition

des patients hypertendus à la variation de températures saisonnières et déterminait s’il y a la corrélation entre HTA et les différentes saisons.

Collecte des données : La collecte des donnait était basée sur consultation de registres de consultations externes et des archives des services météorologiques de 2016 à 2018. Tous les sujets qui ont eu une pression artérielle systolique (PAS) supérieure ou égale 140mmhg et une pression artérielle diastolique (PAD) supérieure ou égale à 90mmhg, le jour de la consultation, étaient considérés comme souffrant d’hypertension artérielle [16]. Les variables sociodémographiques étaient : l’âge, le genre, le lieu de résidence. 

Les variables biomédicales étaient les chiffres de mesure de la pression artérielle, de la taille, du poids et l’IMC. Et, les variables liées au climat étaient la pluviométrie, mais notamment la température ambiante. On classe habituellement l’HTA en 3 stades : HTA stade 1 : PAS > 140-159 et/ou PAD > 90-99 mmHg ; HTA stade 2 : PAS > 160 et/ou PAD > 100 mmHg; HTA sévère ou stade 3 : PAS > 180 et/ou PAD > 110 mmHg [21].

Pour déterminer les changements de PA avec la température ambiante, les lectures ont été regroupées en fonction des températures au jour des mesures de la pression artérielle lors de la consultation externe. Les données collectées étaient saisies et analysées à l’aide du logiciel SPSS version 24.0.    

Analyse statistique :

L‘analyse statistique descriptive a utilisé le pourcentage (pour l’évaluation de la fréquence d’occurrence) et la moyenne avec son écart type. Le Khi2 était utilisé pour les comparaisons des données qualitatives et le t-test ou ANOVA pour les comparaisons de moyennes dans les données quantitatives et ce, dans le but de déterminer la

signification des différences constatées. L’analyse par régression logistique était conduite pour évaluer si l’association entre la température ambiante (définie par les saisons) et la prévalence de HTA, était indépendante du groupe d’âge, du genre, et du lieu géographique. Considérations éthiques : Le protocole d’étude était validé par l’École Doctorale de Nutrition Environnement et de Santé et par le comité d’éthique du Ministère de la santé de Madagascar. Les confidentialités des données ont été respectées selon les règles d’éthique. A l’issu, les résultats de l’enquête étaient à exploités uniquement pour l’intérêt de la recherche sur population dans le domaine de la santé.

RESULTATS 

Le Tableau 1 montre la distribution de la population d’étude en fonction des caractéristiques sociodémographiques. Au total, 3490 patients HTA étaient identifiés dans les enregistres des centres de santé durant les trois années d’étude allant de 2016 à 2018  dont 27,9% d’hommes et 72,1% de femmes.

A Antsirabe, 2859 patients diagnostiqués HTA étaient vues en consultation externe et la moyenne d’âge était de 46,70(13,66). A Maevatanana, il y avait 631 patients HTA identifiés à partir des registres de consultation externe. La moyenne d’âge des patients était de 46,52(13,66).   Le pourcentage de patients  HTA était plus élevé chez les femmes que chez les hommes, et ce, qu’importe l’année consultée.  Les mesures moyennes de pression artérielle systolique (PAS) et diastolique (PAD)  accompagnées de leurs écarts types ont montré des valeurs de PAS et de PAD augmentant avec l’âge. Les valeurs les plus élevées étaient trouvées chez les plus de 65 ans (PAS=160mmHg environ, en moyenne et PAD 95mmHg). Le tableau 1 montre également la distribution de prévalence de l’HTA et le pourcentage de cas traités selon le groupe d’âge et de l’évolution à travers trois années successives d’étude. A Antsirabe comme à Maevatanana, le pic de prévalence était enregistré chez les 45-54ans où la prévalence moyenne des 3 années étudiées atteignait 30,0%, et 28,8% respectivement. (Tableau 1)

HTA et traitement:

Selon l’ensemble des données rapportées des deux villes, 44,1% des patients HTA n’étaient pas traités. Dans notre étude, Il y avait plus de femmes, souffrant d’hypertension artérielle, traitées (68,1%) que d’hommes (31,9%) (p<0,01). Le pourcentage de cas de HTA traités était plus élevé à Maevatanana (64,2%) qu’à Antsirabe (39,5%) durant les 3 années d’étude. Toutefois, notons que, à Antsirabe, aucune donnée n’a pu être étudiée sur le traitement reçu des cas de HTA en 2018. Les registres consultés de cette année là manquaient d’informations sur les types de traitement que les patients avaient reçus.

Dans 90,5% des cas, un seul médicament (monothérapie) était prescrit dont: l’inhibiteur de l’enzyme de conversion ou IEC à 45,5% ; Antagoniste de l’Angiotensine II (ARA 2 ) à 16,3% … Diurétique (14,0%) et Inhibiteur Calcique (10,0%) et Antihypertenseur Central (1,9%) ; BB (Beta Bloquant)(1,4%) ; Antianxyolitique (1,0%) ; RHD(Règles Hygiéno-Diététiques), Antiagrégant, GOPRIL, ZAART, et Furosémide, respectivement à 0,05% chacun. La bithérapie était prescrite dans 9,4% associant ARA 2 et diurétique ; IEC et diurétique ; IEC et RHD ; IEC et Hydrazide ; IEC et Antianxyolitique ; Inhibiteur calcique  et ARA 2; Inhibiteur calcique et diurétique ; Diuretique et  Antianxyolitique ; Diurétique et  RHD ; et l’association IEC et diurétique  était la plus fréquemment prescrite.  Une triple association comprenant ARA 2, Diurétique et RHD était relevée concernant un cas. (Tableau 2)

Pathologies et autres états de santé, associés:

L’HTA était associée à du diabète de type 2 dans un cas. Autre état de santé lié à l’hypertension enregistré: l’HTA était liée à la grossesse  (HTA gravidique) dans 8 cas. Un seul cas de HTA grade III a été enregistré. Vingt huit (28) patients HTA étaient directement référés vers des centres de santé de niveau supérieur.

Complication : 21 cas d’Œdème  des Membres Inférieurs (OMI=) étaient enregistrés. [OMI= il s’agit d’un effet secondaire assez fréquent  touchant 20% des personnes prenant des BCC (bloqueurs des canaux calciques)] (Tableau 3)

Températures maximale et minimale à Antsirabe et à Maevatanana

Le tableau 4 montre les mesures de température maximale et de température minimale moyennes à Antsirabe et à Maevatanana (ET=écart type). La température maximale et celle minimale diffèrent significativement entre Antsirabe et Maevatanana (T° maximale p<0,001 ; T° minimale p<0,001). En hiver austral, la température minimale était de 7°25 C à Antsirabe contre 18°25 C à Maevatanana. Tandis que la température maximale hivernale était de 15°87 à Antsirabe et à Maevatanana elle était en moyenne de 24°08 C. En saison chaude (été austral), la température minimale était de 16°92 à Antsirabe contre 30°32 à Maevatanana. Tandis que la température maximale était de 26°76 à Antsirabe et à Maevatanana elle atteignait les 33°10C. A Antsirabe, la température hivernale variait en moyenne entre 7°C et 16°C tandis qu’en été, elle pouvait passer de 17°C à 27°C. A Maevatanana, en hiver austral,  la température varie entre 18°C à 24°C et en été entre 30°C et 33°C en moyenne.

Plus de 10 points de degré de température diffèrent entre les températures minimales moyennes des trois années d’étude, des deux villes : Antsirabe (11,78°C) et de celle de Maevatanana (21,82°C). Dans notre étude, à Maevatanana, la température moyenne mensuelle la plus basse environnait les 21°C tandis la température la plus fraiche était autour de 7° à 9°C à Antsirabe (Tableau 4)

Température et HTA

La prévalence de HTA à Antsirabe et à Maevatanana en fonction de la saison et de l’année d’étude est présentée dans le Tableau 5. A Antsirabe, la proportion moyenne mensuelle de HTA en saison fraiche (hiver austral: du mois d’avril au mois d’octobre) était respectivement de 8,08% en 2016, de 9,7% en 2017, et de 9,5% en 2018.

Durant l’été, (de Septembre à Mars), le pourcentage de patients HTA était de 8,7%, 8,1% et 6,7% en 2016, 2017 et 2018 respectivement. Tandis qu’à Maevatanana, en hiver austral, la prévalence de HTA était respectivement de 7,5%, de 11,6% et de 9,5% en 2016, 2017 et 2018 et en été, elle était de 9,4%, 4,4% et de 6,5% en 2016, 2017 et 2018 respectivement. La comparaison, en fonction de la variabilité de saison, a montré que la prévalence de HTA  était plus élevée en hiver qu’en été, sauf en 2016, dans les deux villes.

Mesures de pressions artérielles en fonction de groupe d’âge :

Deux tiers des patients avaient les mesures de PAS et de PAD renseignées dans les registres des consultations externes. Pour plus de 29 % des patients, les valeurs de PAS et de PAD n’étaient pas renseignées. Les valeurs moyennes de pression systolique (PAS) et diastolique (PAD) étaient calculées en fonction de l’âge et du genre pendant les trois années d’étude.  D’après le Tableau 6, les valeurs de PAS les plus élevées étaient trouvées chez les patients âgés de plus de 65 ans (PAS=162,15 avec 95% IC [159,87-164,43].

Les valeurs de PAS augmentaient avec l’âge et les différences étaient significatives à p<0,001. Chez les <35ans PAS était de 151,49(17,81) 95% IC [150,06 -152,92] et chez les 75ans et plus elle était en moyenne de 162,12 (12,45) à 95%IC [156,33 – 164,80]. Quant aux valeurs de PAD, des différences en fonction du groupe d’âge étaient notées mais elles n’étaient pas significatives du point de vue statistique (p>0,05.

La comparaison des valeurs de PAS et de PAD selon le genre n’a pas trouvé de différence significative (p>0,05) (Tableau 7)

Dans l’analyse par régression logistique, nous avions pris en considération les patients sous traitement antihypertenseur. Une association positive significative était trouvée entre HTA traitée et PAD à p<0,05 [Exp(B)= 1,013 IC95% [1,058-1,104]) et  entre HTA traitée et  T° minimale (p<0,01) avec Exp(B) =1,131 IC95% [1,030-1,242]. (Tableau 8)

DISCUSSION
Cette première partie de l’étude avait pour objectif d’évaluer l’influence des saisons sur la pression artérielle. D’abord, il était démontré dans notre étude que la proportion de femmes diagnostiquées de HTA était significativement plus élevée que chez les hommes. D’autres études ont trouvé également des résultats similaires, indiquant que la proportion de femmes souffrant d’hypertension était élevée plus élevée que chez les hommes [21-22]. Les mécanismes responsables des différences sexuelles dans le contrôle et la régulation de la Pression Artérielle ne sont pas entièrement compris, mais semblent impliquer des effets des hormones sexuelles sur manipulation rénale du sodium et/ou résistance vasculaire [23]. Après la ménopause, cependant, la pression artérielle augmente chez les femmes à des niveaux encore plus élevés que chez les hommes. Les femmes jeunes ont tendance à avoir une pression artérielle plus basse et moins de risque d’hypertension que les jeunes hommes. Dans notre étude, la prévalence de l’hypertension artérielle était également plus élevée chez les patients âgés.  À mesure que les gens vieillissent, la tension artérielle et le risque d’hypertension augmentent chez les deux sexes; cela se produit notamment chez les femmes après la ménopause [24]. Toutefois, contrairement à ces résultats, des études récentes utilisant la technique de surveillance ambulatoire de la pression artérielle sur 24 heures ont montré que la pression artérielle est plus élevée chez les hommes que chez les femmes à des âges similaires.  Les résultats de l’étude menée par Everett B et al., montrent que les disparités entre les sexes en matière d’hypertension étaient déjà évidentes chez les hommes et les femmes de la vingtaine d’année: les femmes étaient beaucoup moins susceptibles d’être hypertendues que les hommes (12 % contre 27 %). Les mêmes auteurs ont trouvé dans leurs résultats que semblable aux résultats pour mesures objectives, les hommes sont moins susceptibles de déclarer avoir été informés par un professionnel de santé qu’ils sont hypertendus. [25] Les études de Santosa A et al., ont trouvé également que les hommes avaient une prévalence d’hypertension plus élevée (43 % en Suède, 39 % en Chine) que leurs homologues féminins (29 et 36 %, respectivement). [26]

Âge et HTA

Notre étude a trouvé que, la proportion de sujets hypertensifs était élevée à mesure que l’âge avançait. En effet, à Antsirabe comme à Maevatanana, le pic de prévalence était enregistré à 45-54ans où la prévalence moyenne atteignait 30,0%, 28,8% respectivement en 2016 et 2017. Plusieurs études ont montré que les hommes de moins de 65 ans ont systématiquement des niveaux d’hypertension plus élevés que les femmes du même groupe d’âge. Dans une étude, la variation saisonnière de la pression artérielle est accentuée chez les personnes âgées et peut expliquer en partie la plus grande mortalité par maladie cardiovasculaire des sujets âgés pendant l’hiver. La tension artérielle des personnes âgées peut être inversement proportionnelle à la température ambiante [7].

Traitement HTA

Dans notre étude, la plupart des patients externes recevait une monothérapie favorisant l’IEC en grande majorité suivi par de l’ARA 2 ou un diurétique. La bithérapie et la trithérapie étaient également prescrites. Le choix des diurétiques comme médicament antihypertenseur de première intention dans notre contexte était cohérent avec d’autres études réalisées dont celle de Etuk et al. [27]. Cela rejoint également les résultats de l’étude de Shukrala et al., qui ont montré que, la plupart des patients externes souffrant de HTA dans leur hôpital avaient reçu une monothérapie. Les diurétiques et inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) étaient les classes d’antihypertenseurs les plus fréquemment prescrites en monothérapie et en association. Dans leur étude, plus de la moitié des patients avaient plus de 51 ans, ce qui montre qu’un âge plus avancé était directement lié à une incidence plus élevée d’hypertension. Parmi les diverses possibilités, cela pourrait être attribuable au manque de sensibilisation à l’hypertension et au manque de contrôle de l’hypertension chez les personnes âgées [21]. Les résultats de l’étude menée par Chobanian AV et al., ont rapporté que lors de la prescription d’un agent unique pour les patients hypertendus atteints d’IRC, la majorité des médecins généralistes ont choisi les ARA comme médicament de première intention, et les inhibiteurs calciques étaient le deuxième.  En tant que médicament d’appoint au prétraitement avec un antagoniste des récepteurs de l’angiotensine (ARA), la majorité a préféré le CCB ou bloqueurs de canaux calcique (82,7 %) aux diurétiques (21,8 %) [28].

Variations de saison et HTA

A l’instar des nombreuses études menées antérieurement, il était  trouvé dans notre étude que la prévalence de HTA est plus élevée en hiver austral à Madagascar.

Limites de l’étude :

Nous reconnaissons que notre étude comporte certaines limites. Premièrement la conception de l’étude rétrospective basée sur consultation de registres de consultation qui est souvent sujet à des données incomplètes. Les patients étaient examinés à différents jours de consultation, étalés dans les mois de chaque année. Ces limites pourront toutefois être corrigées par une étude longitudinale permettant l’évaluation des changements de températures et de tension artérielle de chaque individu selon les recommandations de Fedecostante M et al. [29]. Ensuite, les données de routine des établissements de santé sont souvent incomplètes. Dans notre étude, plus d’un quart des données étaient absentes dans les registres. Autre limite de l’étude, aucune observation d’hypertension n’a pas été suivie d’une lecture de confirmation dans la demi-heure, sauf si les personnels de santé ayant réalisé les prises de tension artérielle aient décidé de ne transcrire que les valeurs de la dernière prise ou la moyenne des deux prises. Contrairement à ces résultats, des études récentes utilisant la technique de surveillance ambulatoire de la pression artérielle sur 24 heures ont montré que la pression artérielle est plus élevée chez les hommes que chez les femmes à des âges similaires.

Conclusion

Nos données ont rapporté que la température ambiante durant les différentes saisons peut avoir des impacts sur la pression artérielle. Les influences saisonnières sur la pression artérielle ne se limitent pas aux mesures conventionnelles mais peuvent être mesurées également avec les valeurs de températures et de PA quotidiennes enregistrées. En bref, les patients hypertendus doivent surveiller leur tension artérielle plus attentivement par temps froid. Cela pourrait être particulièrement important pour les femmes et les personnes âgées.

Remerciements :

Les auteurs adressent leurs vifs remerciements à toutes les personnes qui ont aidé à la réalisation de cette étude.

Conflits d’intérêt

Les auteurs déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêt.

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Inquiétudes et pratiques parmi les dentistes à Madagascar face au COVID-19: une étude nationale transversale. 

Revue Sciences Santé | Non classé

Inquiétudes et pratiques parmi les dentistes à Madagascar face au COVID-19: une étude nationale transversale. 

Concerns and practices among dentists in Madagascar regarding COVID-19 : a national cross-sectional study

Auteurs:

 Samoelà Hérédia RAZAFINDRAMBOHO1, Justin Jacques RAVELOMANANTSOA1, 2, Antonin RAJABO1, 2

1École Doctorale Nutrition-Environnement-Santé, Université de Mahajanga, Madagascar.

2 Laboratoire d’Epidémiologie et de Biostatistique en Santé des Populations

Résumé: Cette étude avait pour objectif d’évaluer les inquiétudes et les pratiques des dentistes face à l’épidémie de COVID-19.

Méthode : Une enquête nationale était menée, basée sur questionnaire à auto-remplir. L’étude ciblait les dentistes des 22 régions de Madagascar. L’analyse statistique était menée à l’aide du logiciel SPSS 24.0. La fréquence et le pourcentage étaient utilisés dans l’analyse descriptive. Le Chi-carré était appliqué pour évaluer les réponses en fonction du genre. 

Résultats : L’étude a inclus 246 dentistes (54,1% d’hommes et 45,9% de femmes) sur les 496 ciblés, âgés  de 20 à 50 ans et plus. Au total 188 (76,4%) étaient des dentistes généralistes, 34(13,8%) étaient spécialistes. La majorité, 161 (65,4%) travaillait dans le secteur public. La peur de contaminer les membres de famille en rentrant du travail était rapportée par 85,4%, ensuite la peur d’être soi-même contaminé par le personnel ou patients (83,7%). En cas de contamination, 17,7% envisageait de fermer leur cabinet dentaire. La majorité (83,3%), déclarait que le port de masque N95 est insuffisant pour éviter la contamination au COVID-19. Ils étaient, 68,3% à porter du masque N95 pendant les soins, 9,8% utilisaientde digue pour isoler la dent à traiter et 12,6% utilisaient de l’aspirateur de salive. Plus de femmes (98,2%) que d’hommes (91,5%) exigeaient le port de masques (p<0,05). Les hommes (79,2%) plus que les femmes (68,2%) appliquaient la distanciation de 1mètre entre les chaises en salles d’attente (p<0,05). Les dentistes hommes étaient plus nombreux (66,9%) que les femmes (49,0%)  à installer de murs  de séparation (p<0,01). Devant des cas positifs, plus de femmes (91,2%) que d’hommes (81,8%) reportaient les soins dentaires (p<0,05).

Conclusion : Cette étude a montré que les dentistes étaient conscients du risque élevé de transmission de COVID-19 qu’ils encourent et appliquaient les consignes autant qu’ils pouvaient.

Abstract :

This study aimed to assess the level of awareness and practices of dentists regarding the COVID-19. Method : The study targeted dentists from the 22 regions of Madagascar. Statistical analysis was performed using SPSS 24.0 software. Frequency and percentage were used in the descriptive analysis. Chi-square was applied to assess responses based on gender.

Results: The study included 246 dentists (54.1% men and 45.9% women) out of the 496 targeted, aged from 20 to 50+. A total of 188 (76.4%) were general dentists, 34 (13.8%) were specialists. The majority, 161 (65.4%) worked in the public sector. The fear of infecting family members on returning from work was reported by 85.4%, followed by the fear of being contaminated by staff or patients (83.7%). In the event of contamination, 17.7% planned to close their dental practice. The rspondent’s majority (83.3%) declared that wearing an N95 mask is not sufficient to avoid contamination with COVID-19. 68.3% of them  wore an N95 mask during treatment, 9.8% used a rubber dam to isolate the toothto be treated and 12.6% used a saliva aspirator. More women (98.2%) than men (91.5%) asked the wearing of masks (p<0.05). Men (79.2%) more than women(68.2%) applied the distance of 1 meter between the seats (p<0.05).

Male dentists were more likely (66.9%) than female dentists (49.0%) to install dividing wall(p<0.01). Faced with positive cases, more women (91.2%) than men (81.8%) postponed dental care (p<0.05).

Conclusion: This study showed that dentists were aware of the high risk of transmission of COVID-19 that they incur and applied the instructions as much as they could.

Comment citer cet article: RAZAFINDRAMBOHO SH, RAVELOMANANTSOA JJ, RAJABO A. Inquiétudes et pratiques parmi les dentistes à Madagascar face au COVID-19: une étude nationale transversale. Revue Sc. Santé 2023 ;(1) :1 :1-20

Article original 

INTRODUCTION

Le Coronavirus était rapporté initialement à Wuhan, province de Hubei,  en Chine, au mois de décembre 2019. [1]. Les chercheurs chinois avaient vite découvert qu’il s’agissait d’un nouveau Coronavirus, anciennement désigné comme 2019-nCoV,et maintenant appelé SARS-Cov-2, (Severe Acute Respiratory Syndrom Coronavirus) [2].

En Janvier 2020, l’OMS a déclaré que la maladie est une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).[3].  En février 2020, la maladie causée par le virus SARS-CoV-2 a été appelée, par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), COVID-19, un acronyme dérivé des termes CO-rona VI-rus Disease et l’année d’identification-19.[4]. 

 En quelques mois, la très forte vitesse de propagation du COVID-19, au-delà des frontières chinoises vers d’autres pays de plus en plus nombreux, a fait que le 12 Mars 2020, l’OMS annonce que l’épidémie de COVID-19 est une pandémie [5].

Pour éviter la transmission, l’OMS, avait suggéré l’auto-quarantaine et l’isolement des personnes symptomatiques avec éloignement physique des individus (qui peuvent être des porteurs asymptomatiques) ainsi que l’hygiène des mains [6].

Les gouvernements ont dû prendre des mesures de restrictions drastiques pour contenir la contamination : limitation des déplacements en dehors de son habitation, confinement, distanciation. 

Bien que, le COVID-19 attaque principalement les voies respiratoires supérieures, il semble également causer des effets indésirables car il produit des altérations de la coagulation, du goût, et de l’odorat. 

La transmission interhumaine semble se produire principalement par contact étroit avec des personnes symptomatiques touchées par le COVID-19, et le principal mode de contagion se fait par l’inhalation de gouttelettes respiratoires, par exemple lorsque les malades parlent, éternuent ou toussent. 

Le virus a la capacité de provoquer une grave infection aiguë des voies respiratoires et il est très contagieux, se propageant par la salive, les mains, les gouttelettes nasales et moins fréquemment par contact avec la surface. [7].

La période médiane d’incubation de la maladie était estimée à 5jours [8]  ou de plus de 14jours pour d’autres cas [9].Selon une note sur le risque d’exposition des travailleurs au covid-19, publiée par l’administration de la sécurité et de la santé au travail (OSHA), les professionnels dentaires entrent dans la catégorie de professionnels de santé  à très haut risque d’infection nosocomiale et peuvent devenir porteurs de la maladie en raison de leur production régulière d’aérosols [10]. Autre fait important, la pandémie de COVID-19 a eu des effets majeurs sur les travailleurs. Certains groupes de travailleurs courent un risque accru en raison du contact avec le patient.

La dentisterie figure parmi les emplois à fort potentiel d’exposition à des sources de COVID-19 lors des consultations. Les dentistes exécutant des aérosols, et manipulant des échantillons de sang de patients potentiellement infectieux ou soupçonnés de l’être, sont à risque très élevé de contamination. En  effet, il a été largement documenté dans la littérature que les voies de transmission de COVID-19 sont les gouttelettes, l’inhalation générée par la toux, l’éternuement des patients infectés, et le contact direct des membranes buccale, nasale et oculaires [11] et avec la salive  [12].  L’augmentation rapide des infections et des décès a causé la panique, la peur, l’anxiété dans la population et chez les personnels de santé. En face de telle pandémie, il est normal de paniquer, et d’être anxieux, mais il est également rapporté qu’une grande peur peut induire à la prise de décision irrationnelle chez des professionnels comme les dentistes [13]. Des études nationales étaient menées dans de nombreux pays pour évaluer l’impact de COVID-19 sur les dentistes [12, 14, 15, 16}.

A ce jour, à notre connaissance, aucune étude n’a été mené sur les : crainte, attitude et pratiques des dentistes à Madagascar vis-à-vis du COVID-19. Cette étude avait pour objectif d’évaluer le niveau d’anxiété, de peur, de perception et d’attitude des dentistes, concernant la maladie à coronavirus (COVID-19) et le contrôle des infections.

II- MATERIEL ET METHODE

La présente enquête nationale visait tous les dentistes travaillant dans les 22 régions de Madagascar. Il s’agissait d’une étude transversale utilisant un questionnaire à auto-remplir à distance, envoyé par courrier ou par mail directement à l’adresse des dentistes des 22 régions.

Là où la liaison internet n’était pas disponible, nous avions fait parvenir aux dentistes les questionnaires par courrier postal. 

Le questionnaire est composé de 32 questions fermées groupées en trois séries de 

  • 6 questions interrogeant sur les données démographiques (âge, sexe, résidence, années d’exercice de la profession de dentiste, lieu d’exercice)
  • 8 questions sur la peur et l’inquiétude ou l’anxiété du dentiste concernant la pandémie de COVID-19 et 
  • 18 questions sur les changements des pratiques des dentistes face au covid-19. 

Les items sur la peur et l’anxiété des dentistes face au Covid-19 étaient tirées du questionnaire utilisé dans l’étude de Ahmed MA et al., menée dans 30 pays différents. L’étude en question évaluait les craintes et modifications des pratiques chez les dentistes pour lutter contre l’épidémie de la nouvelle maladie à coronavirus (COVID-19) [13].

Etude pilote : Développé à l’origine en anglais, le questionnaire était traduit en langue malagasy puis testé avant d’être utilisé. La traduction était menée selon les recommandations standard de traduction-contre traduction de Beaton DE et al. [17].

Zone de texte: CVR= [ne-N/2] / [N/2]

La validité du contenu du questionnaire version malagasy était évaluée par une approche quantitative. Un panel de 14 évaluateurs était constitué conformément aux  recommandations de Lawshe et al., en 1975 [18], Chaque évaluateur était invité à  noter E, si l’item est considéré « essentiel », noter H pour « helpfull », si un item est considéré « aidant », noter U pour « Unecessary » si on juge qu’un item n’est pas nécessaire. La formule  de calcul du CVR: « Content Validity Ratio » appliquée était : 

dont : –  « ne » représente le nombre total de sujets du panel qui ont noté E, 

           – « N » représente le nombre total de sujets du panel, ici N=14 (N=7)

Le minimum de CVR acceptée comme significative  avec un panel de 14 sujets est de 0,51 par item. Si un item avait un CVR <0, l’item est rejeté.

Population d’étude

Critères d’inclusion: L’enquête s’adressait à tout dentiste Malagasy âgé de 18ans et plus, exerçant dans les 22 régions de Madagascar au moment de l’enquête et qui ont donné leur consentement à participer à l’étude.

Critères d’exclusion : Les dentistes âgés de moins de 18ans et ceux qui n’ont pas donné leur consentement étaient exclus de l’étude.

Calcul de la taille d’échantillon : Nous avions utilisé le calculateur en ligne « Raosoft sample size calculator » pour le calcul de la taille d’échantillon nécessaire à la validation de l’étude [19].

La marge d’erreur était fixée à 5% ; l’intervalle de confiance était de 95% ; la taille de population d’étude (dentistes et spécialistes) à Madagascar était de 506 (publiques et privés); et comme la prévalence de peur etc… est méconnue, on a opté pour p=50%. La taille d’échantillon minimum calculée était de 217. 

Au moment de l’enquête, 276 dentistes privés  et 220 dentistes publiques, soit un total de 496 chirurgiens-dentistes inscrits à l’Ordre National des Docteurs en chirurgie dentiste de Madagascar, étaient ciblés. 

L’analyse statistique des données était menée à l’aide du logiciel SPSS version 24. Les statistiques descriptives étaient représentées en fréquences et pourcentages pour les variables catégorielles. Les tests de Chi-carré était appliqué pour évaluer la relation entre la réponse des dentistes et le secteur de travail, le genre, et le niveau d’éducation. La fiabilité du questionnaire version Malagasy était évaluée par alpha de Cronbach. La valeur de alpha ≥70 est considérée comme signe de bonne fiabilité [20].

Considérations éthiques : Les objectifs de l’étude étaient expliqués aux dentistes avant de demander leur consentement à participer à l’étude. Le consentement éclairé de chaque participant était obtenu avant la participation à l’enquête. L’anonymat était respecté. 

III- RESULTATS :

Les 496 dentistes en exercice en 2020 étaient sollicités à participer. En final,  ils étaient 246 à avoir retourné les questionnaires avec réponses complètes.

La traduction et la contre-traduction du questionnaire n’ont pas posé de problème particulier. Le questionnaire version malagasy était par la suite pré testé auprès de 14 experts qui ont évalué la validité du contenu. Les valeurs du CVR étaient toutes supérieures à 0,51. 

Le test de fiabilité interne de alpha de Cronbach a trouvé un coefficient de 0,742 pour l’ensemble des items. 

Caractéristiques sociodémographiques des participants 

Le groupe d’âge le plus représenté était le 31-44ans (36,2%) suivi par les 50 ans et plus (27,6%), les 41-50 ans et les 20-30ans étaient respectivement de 26,8% et de 9,3%. Parmi les répondants, il y avait plus de dentistes hommes que de femmes (54,1% vs 45,9%). Au total, 76,4% des participants à l’enquête étaient des chirurgiens dentistes généralistes; 13,8% étaient des spécialistes et 9,8% étaient en cours de spécialisation. Près des deux tiers des participants (65,4%) travaillaient dans le secteur public; 19,1% travaillaient à leur compte propre; 13,1% étaient dans le secteur privé et 2,4% dans d’autres secteurs non spécifiés. Selon l’expérience clinique, 34,1% travaillaient depuis 10-20 ans; 31,7% depuis 10-20ans ; 23,5% depuis plus de 20 ans et 11,0% étaient en exercice depuis moins de 5ans. (Tableau 1)

Tableau 1 : Caractéristiques sociodémographiques des participants

Le tableau 2 présentait la distribution des participants selon la zone géographique de travail ainsi que le nombre de dentistes rapportant avoir déjà eu le COVID-19 en fonction du genre et de la forme de la maladie. 

Selon les zones géographiques, la participation des dentistes à l’enquête nationale était de 17,1% pour l’ex-province de Toamasina; 16,7% pour les dentistes d’Antsiranana; 12,6%;  à Mahajanga: Toliary 14,2% ; Fianarantsoa 18,3% et, pour Antananarivo, la capitale,  la participation était de 20,3%. 

Interrogés sur le COVID-19 chez les dentistes en fonction du genre et de la forme de la maladie, dans l’ex-province de Toamasina, 03 dentistes sur les 42 qui ont participé à l’étude avaient déjà eu le COVID-19 dont 01 homme et 02 femmes et tous les trois avaient fait de forme modérée.

A Antsiranana, 17 dentistes sur les 41 participants avaient déjà eu le COVID-19 dont 11hommes et 06 femmes, tous   étaient de forme modérée.

A Mahajanga, 7(22,6%) dentistes avaient déclaré avoir déjà eu le COVID-19 dont 4 hommes et 3femmes.  

A Toliary, 03 dentistes avaient eu le COVID-19 dont 01 homme et 02 femmes ; 2 formes légères et une forme grave.

A Fianarantsoa, sur les 45 participants, 09 avaient rapporté avoir déjà eu le COVID-19 dont 06 hommes et 03 femmes et 06 cas étaient de formes légères, et une forme modérée et 2 formes graves.

A la capitale, Antananarivo, sise dans la région de Analamanga, sur les 50 dentistes  ayant participé à l’étude, 38(76,0%) avaient contracté le COVID-19 dont 34(70,8%) travaillaient dans la région Analamanga comprenant 12 hommes et 26 femmes. Au total 15 étaient de forme légère, 17 de forme modérée et 6 formes graves.

En somme, sur les 246 dentistes ayant participé à l’enquête, 77(31,3%) avaient déclaré avoir eu le COVID-10 dont 34(44,2%) hommes et 43(55,8%) femmes dentistes. 

Vingt et un cas (27,3%) avaient présenté une forme légère, 43(55,8%) formes modérées et 10 formes graves. 

Trois décès connus ont été rapportés parmi les dentistes depuis le début de la pandémie à Madagascar. (Tableau 2)

Tableau 2 : Distribution des dentistes selon la zone géographique de travail et nombre de dentistes rapportant avoir déjà eu le COVID-19 en fonction du genre et de la forme de la maladie

Les 22 régions de Madagascar étaient représentées.

Le Tableau 3 décrit le niveau de peur et d’anxiété des dentistes face à la COVID-19. 

De toutes les peurs et craintes déclarées, la peur de contaminer les membres de famille à la rentrée du travail était la plus fortement ressentie par les dentistes, rapportée par 85,4% des répondants.(92%) suivie de la propre peur du dentiste d’être contaminé lui-même par le personnel du cabinet dentaire ou par les patients (83,7%) ; venait ensuite la crainte d’être contaminé par un patient qui toussait la proportion était de 76,4%.   

Une fois contaminés, moins de la moitié de ces dentistes craignaient le confinement (42,3%). Et, ils n’étaient que 17,7% à penser à fermer leur cabinet dentaire jusqu’à la réduction du nombre de nouveaux cas de COVID-19 (66%). 

La peur quand ils entendent parler de quelqu’un qui est contaminé ou a succombé après l’infection au COVID-19 touchait 66,3% des répondants (85%). Ils appréhendaient le coût du traitement à 57,7%.

Moins de la moitié des répondants avaient déclaré avoir peur de parler trop prêt des patients 48,8%/ (73%).

Tableau 3 : Evaluation de la peur et de l’anxiété des dentistes (attitude) face au COVID-19

Dans le tableau 4 sont présentées les connaissances  et pratiques des dentistes face au COVID-19

– avaient mis en place une murette (Oui=56,1% ; Non=39,0% ; Sans avis=4,9%), 

– avaient appliqué la distanciation d’au moins 1 mètre entre les chaises des patients de (Oui=72,4% ; Non=25,2% ; sans avis=2,4%)

– avaient interrogé si le patient présente des symptômes de COVID-19, avant de le soigner (Oui=75,6% ; Non=24,0% ; Sans avis=0,4%) 

– avaient posé de question sur le voyage qu’aurait effectué le patient dans les zones à haut risque (Oui=39,4% ; Non = 58,9% ; Sans avis=1,6%) 

– avaient exigé le port de masque (Oui=92,7% ; Non=5,3% ; Sans avis= 2,0%)

– avaient reporté ultérieurement des soins dentaires  si le patient est soupçonné de COVID-19 (Oui=85,8% ; Non=13,8% ; Sans avis=0,4%)

– avaient évité d’utiliser des instruments à air (Oui=64,2% ; Non=32,5% ; Sans avis=2,8%)

– avaient pensé que le port de masque chirurgical serait suffisant (Oui=15,4% ; Non=83,3% ; Sans avis= 1,2%) .

– avaient rapporté que seuls les masques N95 sont conseillés en milieu médical (Oui=52,4% ; Non=32,5% ; Sans avis=15,0%) 

– avaient utilisé du masque N95 pendant le traitement (Oui=68,3%; Non=26,8% ; Sans avis=4,9%) 

– avaient utilisé des lunettes de protection (Oui=65,4% ; Non=34,1% ; Sans avis=0,4%)

– avaient utilisé de protection du visage (Oui=60,2% ; Non=39,0% ; Sans Avis=0,4%)

– avaient utilisé une sur-blouse (Oui=78,0% ; Non=21,1% ; Sans avis=0,8%)

– avaient utilisé de digue pour isoler la dent à traiter (Oui=9,8% ; Non=87,4% ; Sans avis=2,8%) 

– avoir utilisé de l’aspirateur de salive (Oui=12,2% ; Non=86,6% ; Sans avis=1,2%) 

– avaient demandé au patient de se rincer la bouche avec de la solution antiseptique avant r le traitement (Oui=32,1% ; Non=66,3% ; Sans avis=1,6%) 

– avaient utilisé de l’eau savonneuse ou alcoolisée pour se laver les mains (Oui=99,2% ; Non=0,8%) 

– connaissaient le N° de téléphone  à contacter en cas d’urgence. (Oui=94,5% ; Non=3,3% ; Sans avis=2,4%)

Tableau 4: Evaluation de la modification des pratiques des dentistes pendant  le  COVID-19

Le tableau 5 présente la répartition des répondants selon le respect des consignes de gestes barrières en fonction du genre. Plus de femmes dentistes (98,2%) que d’hommes (91,5%) exigeaient le port de masques (p<0,05) mais les hommes (79,2%) bien plus que les femmes (68,2%) avaient appliqué la distanciation de 1mètre au minimum entre les chaises de salle d’attente (p<0,05).

Les dentistes hommes étaient plus nombreux (66,9%) à mettre en place de petits murs  de séparation comparés aux femmes dentistes (49,0%) (p<0,01)

En face de cas positif d COVID-19, les dentistes femmes (91,2%) étaient plus enclin à reporter les soins dentaires que les hommes (81,8%) et la différence était statistiquement significative (p<0,05).

Tableau 5: Distribution des répondants selon le respect des consignes de gestes barrières en fonction du genre

*p<0,05 ; **p<0,001

IV- DISCUSSION

            La présente étude visait à évaluer le niveau de sensibilisation, de perception et d’attitude des dentistes malagasy, concernant la maladie à coronavirus (COVID-19) et le contrôle des infections en utilisant un questionnaire à remplir à distance.

Les enquêtes auprès de la population sont actuellement confrontées au problème de la baisse des taux de réponse. Les conceptions en mode mixte sont maintenant mises en œuvre plus souvent pour tenir compte de cet aspect, pour améliorer la composition des échantillons et pour réduire les coûts globaux. [21]

Les questionnaires remplis n’étaient considérés comme valides que si les répondants avaient signé un formulaire de consentement éclairé avant de participer à l’étude. Ce formulaire de consentement était renvoyé dans une enveloppe séparée. Pendant le questionnaire en ligne, les participants étaient invités à cocher une case indiquant s’ils avaient lu et accepté les conditions de protection des données de l’étude. 

Le taux de participation globale à notre étude était de 49,96%, Les études antérieures ont rapporté que les taux de participation des études menées par internet chez les professionnels de santé varient largement d’une étude à l’autre, allant de 9% à 75 % [22]. Une étude de surveillance sanitaire par e-mail, menée en 1999 auprès du personnel universitaire anglais avait montré un taux de participation à hauteur de 32 %. Zamora et al., avaient suggéré, pour augmenter le taux de réponses, d’envoyer, durant l’étude, quelques rappels. [23] Malgré ces inconvénients, dus au risque de participation réduite, pour les enquêtes sur Internet, les coûts d’impression, d’affranchissement et de saisie des données sont considérablement réduits de même que les coûts des déplacements surtout lorsqu’il s’agit d’une enquête nationale. La tranche d’âge la plus fréquente des répondants était 31–40 ans et cela rejoint les mêmes constats dans la plupart des publications [18]. Pour évaluer les résultats, nous avions fait la comparaison avec la synthèse des réponses des dentistes provenant de 30 pays (incluant Pakistan, Arabie Saoudite, Emirats arabes unis, Etats-Unis, Royaume Uni, France, Malaisie, Australie, Nouvelle Zélande, Afrique du sud, Hongrie, Bahreïn, Danemark, Ireland , Suisse, Chine, Canada, Egypte, Kuweit, Italie, Roumanie, Finlande, Israël, Bulgarie, République de Congo, Mexique, Allemagne, Pologne, Inde, Turquie, site non défini) qui ont participé à l’étude de Ahmed MA et al. A Madagascar, comme dans ces 30 pays c’est la peur ou la crainte de contaminer les membres de familles qui était la plus élevée (Ahmed  MA et al.) [13]. Par ailleurs, plusieurs auteurs avaient rapporté le même constat  au niveau international [17, 23] Similairement, le niveau de peur d’être soi-même contaminé occupe la deuxième place à Madagascar. Tandis que pour les 30 pays, de l’étude multinationale de Ahmed, c’est traiter les patients qui toussaient qui prenait la deuxième place avec 90% des répondants en moyenne.

Les résultats diffèrent  beaucoup quand il s’agissait de prendre la décision de fermer les cabinets dentaires jusqu’à réduction du nombre de nouveaux cas de COVID-19.  A Madagascar, moins de 20% ont répondu OUI, tandis que dans l’étude de Ahmed MA et al. , plus de la moitié (66%) l’avaient accepté. Ou encore, quand il s’agissait de peur de parler trop près du patient, moins de la moitié des répondants à Madagascar l’avaient rapporté contre plus de 72%  des répondants des 30 pays participants à l’étude de Ahmed MA et al.

Et si le pourcentage  de dentistes qui appréhendaient le coût du traitement de COVID-19 était de moins de la moitié pour Madagascar contre  en moyenne 73% des répondants de l’étude multinationale.

Dans la présente étude, plus des deux tiers des répondants avaient interrogé si le patient présentait des symptômes de COVID-19, avant de le soigner. Ce résultat rejoint celui de l’étude multinationale. Par contre moins de la moitié des dentistes malagasy avaient interrogé sur l’historique de voyage effectué par le patient contre une proportion de plus de 82% des participants issus des 30 pays.

A proportion similaire, les répondants des deux études avaient rapporté que le port de masque chirurgical  ne serait pas suffisant pour la prévention de l’infection de COVID-19.

Toutefois, trois fois moins de dentistes malagasy, comparés à ceux de l’étude de Ahmed MA et al., avaient rapporté ne pas utiliser du masque N95 pendant le traitement. Le port de masque N95 figure parmi les recommandations de l’EPI quand on doit traiter un patient soupçonné de COVID-19. Dans notre étude moins des deux tiers des participants avaient rapporté porter du masque N95 pendant les soins dentaires. Cette proportion est plus élevée que celle rapporté par les dentistes au Pakistan où seuls 38,5% des dentistes utilisaient des masques N95 et aucun d’entre eux (0%) n’utilisait de digue d’isolement en caoutchouc [18].

L’utilisation de digue pour isoler la dent à traiter est très faible chez les dentistes malagasy et il en était autant dans l’étude de Ahmed MA et al. (13). Pourtant d’après l’étude de Cochrane et al. , les résultats ont indiqué que l’utilisation de la digue en caoutchouc est une méthode permettant de réduire la contamination microbienne. En effet, la technique de digue en caoutchouc est une méthode utilisée en dentisterie pour isoler le champ opératoire du reste de la bouche avec une feuille de caoutchouc [24]. Utilisée avec des gants, un masque et des lunettes de protection, la digue en caoutchouc constitue une excellente barrière contre la propagation potentielle des maladies infectieuses dans le cabinet dentaire. 

Cette efficacité clinique était confirmée par : Al-Amad SH et al. Mais les auteurs rajoutaient que malgré sa valeur clinique, la digue en caoutchouc semble entraîner des niveaux d’aérosols beaucoup plus élevés sur diverses zones de la tête du dentiste, ce qui oblige ce dernier à se couvrir la tête avec des vêtements de protection appropriés (25). L’efficacité de l’usage de digue a été renforcée par un revue systématique menée par Zhou H et al.. Cette revue résume la situation actuelle de l’utilisation des digues en caoutchouc dans différents pays et conclue que la digue en caoutchouc peut protéger efficacement les patients et les travailleurs dentaires et offrir aux patients une expérience plus professionnelle, sûre et confortable [26].

Dans la présente étude, beaucoup de dentistes ne demandaient pas aux patients de se rincer la bouche avec de la solution antiseptique avant le début du traitement. Ce résultat rejoint la proportion moyenne trouvée pour les dentistes des 30 pays. Selon la conclusion d’une méta-analyse conduite par Kelly N et al., à l’heure actuelle, des preuves de haute qualité sont insuffisantes pour suggérer que les rinçages oraux sont efficaces contre le SRAS-CoV-2. 

Bien qu’un certain nombre de lignes directrices aient suggéré l’utilisation de rince-bouche comme mesure prophylactique, celle-ci ne devrait pas être une alternative à un Equipement de Protection Individuelle (EPI) de haute qualité et à un contrôle rigoureux des infections croisées  [27].

D’après nos résultats, la peur de contaminer les membres de sa famille, était rapporté par 81,7% des répondants mais le pourcentage était significativement plus élevé chez ceux qui n’avaient que 5-10ans d’expérience dans le travail de dentisterie (91,0% à p<0,01). Ces résultats rejoignent la conclusion de Serota KS et al., en 2021 qui rapportait que les années passées dans la pratique dentaire et l’âge semblaient être des facteurs de protection contre le stress et la détresse perçus [28].

Notre étude présentait certaines limites. L’échantillonnage n’était pas fait de manière aléatoire ainsi les résultats peuvent ne pas être généralisés à tous les dentistes de Madagascar. De plus, il y a le design d’étude transversale qui ne permet pas de déterminer une relation de cause à effet mais uniquement de voir une association. Malgré ces limites l’étude a permis de constater les difficultés auxquelles les dentistes malgaches avaient été confrontés en ces temps de pandémie de COVID-19. On reproche aux enquêtes menées en ligne, à distance, leur difficulté   d’obtenir un échantillon représentatif et un taux de réponse adéquat. L’accès contrôlé à une liste nationale d’adresses électroniques de professionnels de santé pourrait apporter une solution. L’échantillonnage par convenance est non représentatif de la population d’étude et l’auto-reportage utilisé pour mesurer la peur est une technique de mesure pu fiable. Le design d’étude de type transversale choisi ne permettait pas d’assurer la relation de causalité.

Recommandations :

Nous suggérons de faire bénéficier tous les dentistes d’une formation pour les préparer  à faire face à des épidémies d’infections telles que le COVID-19.

Nous recommandons que de futures recherches utilisent des échelles de mesure de peur et de stress universelles à l’exemple de Fear of COVID-19 Scales (FCV-19) ; ou Indian Scale of Fear related COVID-19  (ISF-C19 scale) pour permettre des comparaisons internationales.

Nous conseillons la vaccination contre les infections qui menacent particulièrement la santé des dentistes telles que l’hépatite B, et le Covid-19 , particulièrement en ce moment d’épidémie non encore totalement maitrisée.

Contribution des auteurs :

Conception de l’étude : RSH; Méthodologie : RSH, JJR ; Supervision AR. ; Investigation : RSH.

Financement : cette recherche n’a pas bénéficié de financement externe

Remerciements : Nous sommes reconnaissants envers tous les dentistes pour leur précieuse participation à l’enquête. Nous remercions toutes les personnes qui ont aidé à la réalisation de cette recherche. 

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Stratégies expérimentées, visant à accroître le taux de couverture vaccinale dans les pays à faible et moyen revenus: revue systématique de littérature de 2016 à 2021.

Revue Sciences Santé | Non classé

Lethicia Lydia YASMINE1,2,4, Jeannot RANDRIANARIVONY 1,2,3, Rivomalala RAKOTONAVALONA, Antonin RAJABO1,2,3

1 Laboratoire d’Epidémiologie et Biostatistique en Santé de Populations (LabEBSP)

2 Ecole doctorale Nutrition-Environnement Santé (EDNES), Université de Mahajanga

3 IOSTM, Université de Mahajanga

4 Ministère de la santé, MADAGASCAR


RESUME :

Introduction : La vaccination constitue un moyen servant à protéger la population contre les maladies évitables par la vaccination. Les stratégies mondiales consistent à ne laisser personne sans vaccination. Toutefois, malgré tous les programmes mondiaux mis en place pour améliorer le taux de couverture vaccinale, de nombreux pays à faible et moyen revenus n’ont pas réussi à atteindre les objectifs fixés. Pour augmenter le taux de la couverture vaccinale, une synthèse des stratégies expérimentées par divers pays à faible et moyen revenus et ayant fait preuve d’efficacité a été menée.

Objectif : identifier les stratégies ayant montré leurs preuves d’efficacité pratique dans les pays à faible et moyen revenus.

Méthode : Il s’agit d’une revue systématique de littérature utilisant le guide PRISMA avec recherche d’articles scientifiques originaux et littérature grise sur PubMed, Google Scholar,. Les études interventionnelles fondées sur des donnés probantes menées dans les pays à revenus faible et intermédiaire ont été privilégiées pour la revue.

Résultats : Sur 467 articles identifiés, 23 ont répondu aux critères d’inclusion et ont constitué la revue. Ces articles de la revue, avec diverses designs d’étude expérimentale ont prouvé l’efficacité de plusieurs stratégies telles que : le renforcement des rappels du calendrier de vaccination par tous les moyens à disposition(SMS ou autres), l’application de mesures incitatives monétaires au bénéfice des acteurs et des bénéficiaires de la vaccination, l’intégration des services de vaccination dans tous les services accueillant les enfants (services de consultation externe, services de nutrition), la digitalisation du système de vaccination à travers une plateforme numérique et la participation communautaire.

Conclusion : L’utilisation de stratégies intégrées, multiples et variées et innovantes, est à préférer, permettra d’augmenter le taux des objectifs fixés en matière de couverture vaccinale.

Mots clés: couverture vaccinale, stratégies, efficacité, preuves, pays à revenus faible et intermédiaire

ABSTRACT :

Introduction: Vaccination is a way of protecting the population against vaccine-preventable diseases. The global strategy is to leave no one without vaccination. However, despite all the global programs implemented to improve the vaccination coverage rate, many low- and middle-income countries have failed to meet the goals fixed. To increase the rate of vaccination coverage, a synthesis of the strategies tested by various low- and middle-income countries and having demonstrated their effectiveness has been carried out.

Objective: to identify strategies that have demonstrated their practical effectiveness in low- and middle-income countries

Method: This is a systematic literature review using the PRISMA guide with scientific original and grey literature articles research on PubMed, Google Scholar. Evidence-based intervention studies conducted in low- and middle-income countries were preferred for the review.

Results: Among 467 articles identified, 23 met the inclusion criteria for the review. These 23 articles with different experimental study designs have proven the effectiveness of several strategies such as: the reinforcement of text or call reminders of the vaccination schedule. (SMS or other), applying monetary incentives, integration of vaccination services in all services welcoming children (outpatient services, nutrition services), the digitization of the vaccination system through a digital platform and community participation.

Conclusion: The use of integrated, multiple and innovative strategies will make possible to increase the rate of vaccination coverage.

Keywords: vaccination coverage, strategies, effectiveness, evidence, low – and middle-income countries


Comment citer cet article : YasmineLD, Randrianarivony J, Rakotonavalona R, Rajabo A.
Stratégies expérimentées, visant à accroître le taux de couverture vaccinale dans les pays à faible et moyen revenus: revue systématique de littérature de 2016 à 2021. Revue Sc. Santé 2022 ;(1)3

CONTEXTE :

Les maladies évitables par la vaccination chez les enfants, les adolescents, et les adultes représentent encore des causes majeures de morbidité et de mortalité notamment dans les pays à faible ou moyen revenu. Grâce au Programme élargi de vaccination (PEV), plus de 100 millions de nourrissons sont vaccinés chaque année, ce qui permet d’éviter chaque année des millions de décès d’enfants dus à des maladies évitables par la vaccination. [1]

La vaccination des enfants a ainsi permis le recul d’un grand pourcentage de certaines maladies évitables par la vaccination. Les pays à revenus faible et intermédiaire, présentent souvent des taux de couverture vaccinale faibles par rapport aux autres pays. La majorité de la population mondiale d’enfants dont la série de vaccinations est incomplète réside dans les pays à revenu faible et intermédiaire.  Plusieurs facteurs contribuent aux faibles taux de couverture vaccinale vaccins dans ces pays à revenu faible et intermédiaire : l’absence de soutien politique aux campagnes de vaccination, l’affectation de ressources plus importantes à d’autres problèmes de santé, ainsi que le manque d’éducation et de sensibilisation aux vaccins parmi les travailleurs de la santé et les parents, en particulier les mères. En  effet, selon les résultats d’une revue systématique de littérature, les auteurs, Ali HA et al., ont estimé que les enfants dont la mère n’avait pas d’éducation formelle avaient 27% moins de chances d’être complètement vaccinés que ceux dont la mère avait un niveau d’éducation primaire ou supérieur et que les personnes appartenant au quintile de richesse le plus pauvre avaient 27% de moins de chances d’être complètement vaccinées que celles du quintile le plus riche. [2].

Les auteurs avaient trouvé une image nuancée de l’inégalité de la couverture et de l’accès à la vaccination, la disparité des richesses dominant, et probablement à l’origine, d’autres disparités. Cette revue met en lumière le paysage complexe des inégalités et la nécessité de concevoir des stratégies de vaccination ciblant les sous-groupes manqués pour améliorer et récupérer la couverture vaccinale après la pandémie de COVID-19.

Plusieurs stratégies ont été testées pour améliorer les taux de couverture vaccinale mais une grand majorité de ces stratégies étaient réalisées dans les pays à revenu élevé où il a été démontré et prouvé que les systèmes de rappel et le rappel des patients dans les établissements de soins primaires sont efficaces pour améliorer les taux de vaccination [Jacobson et al] [3] et qu’a-t-on trouvé dans les pays à faible et moyen revenus?

Revue des revues :

Les résultats de la revue systématique de littérature menée par Aslam F et al., suggèrent que des stratégies spécifiques visant à réduire les inégalités pourraient être nécessaires pour améliorer l’utilisation des vaccins chez les enfants dans les pays à revenu faible et intermédiaire [36].[4]

Une autre revue systématique de littérature, menée par Oyo-Ita A ; enregistrée dans Cochran data-base en 2016 : avait pour objectif d’évaluer l’efficacité des stratégies d’intervention visant à renforcer et à maintenir une couverture vaccinale élevée chez les enfants dans les pays à faible et moyen revenus [37]. [5]

D’après les auteurs il est d’une importance capitale d’informer les parents et les membres de la communauté sur les bienfaits de la vaccination par le renforcement des séances d’éducation sanitaire dans les centres de santé d’un côté et de l’autre côté, de fournir des cartes de rappel de vaccination, et organiser des campagnes de vaccination régulières avec ou sans incitation des ménages. Les visites à domicile et l’intégration de la vaccination à d’autres services peuvent améliorer la couverture vaccinale des enfants dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Toutefois, la plupart des preuves d’efficacité des interventions étaient de faible degré de certitude, ce qui implique une forte probabilité que l’effet réel des interventions puisse être sensiblement différent. Ils ont conclu qu’il est nécessaire de réaliser d’autres essais cliniques randomisés bien conduits pour évaluer les effets des interventions visant à améliorer la couverture vaccinale des enfants dans les pays à faible et moyen revenus.

Par ailleurs, depuis, de nouvelles technologies sont apparues, notamment des systèmes de données et des interventions en ligne (plateforme numérique de santé) ont été appliquées à la vaccination. Une revue actualisée des données probantes est donc justifiée.

Ainsi, le but de la présente revue systématique de littérature était d’identifier les stratégies qui ont prouvé leur efficacité à augmenter le taux de couverture vaccinale des enfants dans les pays à revenu faible ou intermédiaire qui les ont expérimentées et en faire une synthèse.

II-METHODOLOGIE :

1. Méthode de recherche pour l’identification des études: Nous avions recherché dans les bases de données les études qui ont été menées dans les pays à revenus faible et intermédiaire sur les interventions pour améliorer le taux de couverture vaccinale de routine chez les enfants.

Une combinaison de termes de recherche a été utilisée dans chacune des bases de données. Les copies en texte intégral des articles identifiés comme potentiellement éligibles à l’inclusion ont été récupérées par l’encadreur. Ensuite, chaque article a été évalué indépendamment pour inclusion par le doctorant et l’encadreur. Un examinateur a évalué de manière indépendante, la pertinence de tous les titres et résumés. Lethicia Y et RN faisaient la recherche des articles chacune de  son côté ensuite les articles sont lus et les design d’étude utilisés ainsi que les résultats ont été dépouillés et analysés. Les doublons étaient éliminés ainsi que les articles publiés en dehors des années 2016 et 2021, ou qui ne traitaient pas directement le sujet. Les articles qui sont déjà des revues systématiques de littérature ou des méta-analyses étaient exclus.

Nous avons examiné les articles publiés en anglais et en français dans des revues à comité de lecture entre 2016 et 2021 qui évaluaient les interventions visant à améliorer la couverture vaccinale de routine dans les zones urbaines des pays à revenu faible ou intermédiaire.

2. Mots clés utilisés pour la recherche des articles originaux : La combinaison de mots-clés en utilisant les termes « AND » et « ET » ou encore « OU » était adaptées pour aider à mieux cerner le sujet : « immunization coverage AND improvement strategies » “couverture vaccinale ET strategies pour amelioration”. “Interventions For Improving Coverage Of Childhood Immunisation In Low- And Middle-Income Countries » ; « Effective strategies used for improving vaccines coverage in low and middle income countries »

3. Critères d’éligibilité des articles: Nous avions choisi de focaliser nos recherches notamment sur les articles scientifiques originaux, axés sur les études interventionnelles, les essais randomisés contrôlés (ECR), les essais contrôlés en grappes. Toutefois, nous avions considérés également les études de type AVANT-APRES, les  essais communautaires (quasi expérimentale) ; le time series study (études chronologiques), menés dans les pays à revenus faible et intermédiaire, engageant des enfants ou des parents ou du personnel de santé, ou des membres de communauté sociale.  Seule la vaccination humaine était considérée. Ont été pris en compte uniquement les articles publiés entre 2016 et 2021 de la part des pays à revenus faible et intermédiaire.

  • Langues de publication : seuls les articles publiés en langues française et anglaise ou fournissant des traductions en ces langues étaient pris en compte.
  • Critères d’inclusion et d’exclusion: Seules les études sur l’immunisation des enfants âgés de 0 à

24mois étaient considérées et dont les données concernent les différentes stratégies menées pour améliorer la couverture vaccinale de routine et qui ont trouvé de preuves de réussite. Les études qui ont été menées ailleurs que dans les pays à revenus faible et intermédiaire étaient exclues de la présente revue systématique de littérature, de même que les études écrites en d’autres langues que le français et l’anglais et également les études publiées en dehors de la période de 2016 à 2021.

6.  Mode de sélection des articles :

Deux examinateurs ont effectué une recherche documentaire dans PubMed et Google Scholar en suivant les directives PRISMA (Preferred Reporting Items for Systematic Review and Meta-Analyses) [6]

7. Analyse des données : Nous avons résumé les principaux résultats de chaque étude et avions fait la synthèse des stratégies efficaces de chaque intervention. Nous (YLL & RN) avions indépendamment passé en revue les résultats de la recherche, lu et analysé les textes intégraux des articles éligibles, et éliminé ceux qui ne répondaient aux critères. Les divergences sur le choix des articles à inclure étaient résolues par consensus.

Méthode de tri des articles

Flow chart : méthodologie de sélection des articles adaptée de celle de Moher et al.

Synthèse des articles et des stratégies pour améliorer le taux de couverture vaccinal dans les pays à revenu faible et intermédiaire

N°réf1er auteurDescription des articlesStratégies expérimentéesConclusion des auteurs
AnnéeLieu d’étudeType d’étude  
[7]Uddin MJ2016BangladeshEtude Avant-Après : quasi-experimentale  Population d’étude : enfants de 0 à 11 mois des zones rurales difficiles à atteindre et dans des zones urbaines où vivent les habitants des rues. Logiciel « mTika » utilisé pour enregistrer la naissance de chaque enfant et rappeler aux mères les dates de vaccination à venir par des messages texte. Smartphones Android équipés de mTika fournis à tous les assistants de santé/vaccinateurs et superviseurs dans les zones d’intervention. Les mères ont utilisé des tél portables ordinaires qu’elles possédaient déjà ou qui appartenaient à leur famille. La couverture vaccinale avant et après l’intervention était évaluée.L’étude a démontré qu’une intervention par téléphone mobile peut améliorer la couverture vaccinale dans les communautés rurales difficiles à atteindre et dans les communautés urbaines de la rue au Bangladesh. Cette démonstration réussie à petite échelle devrait servir d’exemple à d’autres pays à faible revenu où l’utilisation du téléphone mobile est élevée.
[8]Xeuatvongsa A2016Lao People’s Democratic RepublicA quasi-experimental pilot studyTél portables et crédits pour tél fournis aux volontaires de la santé du village (VSV) et aux personnels de santé (PdS) pour évaluer si cela pouvait améliorer l’administration de l’HepB-BD, ainsi que la notification des naissances et l’augmentation des visites à domicile. Dix districts d’intervention sélectionnés où VSV et PdS formés, supervisés, ont reçu une indemnité journalière de sensibilisation pour effectuer des visites à domicile, et ont reçu des tél portables et des crédits téléphoniques. Une enquête postérieure à l’étude a comparé la couverture par l’HepB-BD des enfants nés pendant l’étude et des enfants nés un an auparavant.Nos résultats suggèrent que la fourniture de téléphones et de crédits téléphoniques pourrait être un facteur important d’augmentation de la couverture vaccinale. Cependant, les raisons de l’amélioration dans les deux bras sont multifactorielles et discutées.
[9]Brown VB2016Ibadan, Nigeria AFRIQUEcluster randomized controlled trial/essai controllé randomisé en grappe   LGA= Local Government Areas=unité d randomisationIntervention dirigée par une infirmière en santé communautaire. Les auteurs  ont évalué l’effet de l’intervention de rappel/rappel (R/R) et de la formation des prestataires de services de vaccination en soins de santé primaires (PHCIPT) sur l’achèvement de la vaccination de routine chez 595 nourrissons. Quatre LGA sélectionnées, randomisées pour recevoir un – tél cellulaire R/R seulement (A), – PHCIPT uniquement (B) ; – une intervention combinée R/R et PHCIPT (C) ou servir de groupe témoin (D). Enfants de 0 à 12 semaines recrutés dans chaque groupe et suivis pendant 12 mois. Principal critère d’évaluation: achèvement de la vaccination de routine à l’âge de 12 mois.En conclusion, le rappel par téléphone cellulaire s’est avéré efficace pour améliorer l’achèvement de la vaccination dans ce contexte nigérian. Son utilisation est recommandée pour une mise en œuvre à grande échelle.
[10]Habib MA2017Pakistana cluster randomised controlled trial (community-based three-arm cluster randomised trial) essai communautaire randomisé contrôlé en grappes à trois brasPopulation d’étud: enfants en bonne santé âgés de 1mois  à 5 ans habitant dans 3 districts ciblés par l’étude. Introduction du vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) en combinaison avec le VPOral. Bras A : groupe témoin reçoit les programmes d’activités de vaccination polio de routine. Bras B : interventions supplémentaires avec des actions de proximité et une mobilisation de la communauté en utilisant un paquet de communication amélioré et en fournissant des services de santé maternelle et infantile préventifs à court terme et une vaccination de routine (campagnes de santé), y compris des VPO. Bras C : toutes les interventions de BMalgré les défis associés à l’objectif final de la poliomyélite dans les zones à haut risque et touchées par le conflit au Pakistan, une stratégie de mobilisation communautaire et de campagnes de santé et de vaccination communautaires ciblés pendant les campagnes de vaccination contre la poliomyélite a permis d’augmenter la couverture vaccinale, y compris celle contre la poliomyélite.  
[11]Wallace AS2017Nepalmatched analytical method/ méthodes d’analyse par appariementLes stratégies mondiales d’élimination de la rougeole et de la rubéole et d’éradication de la poliomyélite offrent la possibilité de renforcer les services de vaccination de routine (SVR) par des activités de vaccination supplémentaires (AVS).Lors de la mise en œuvre des AVS, il convient de se concentrer sur les activités qui sont facilement liées entre les AVS et les services de SVR, comme l’utilisation de la liste des villages à haut risque de l’AVS pour renforcer la micro planification du SVR et l’examen des moyens de minimiser l’impact d’une AVS sur la programmation des séances de SVR.
[12]Chandir S2017PakistanLes participants de Karachi, au Pakistan, ont été randomisés individuellement dans un essai de groupe de sept bras,mobile-based conditional cash transfers (mCCTs) étude factorielle ouverte avec : 5 bras (arm) mCCT1 bras un seul rappel (SMS) 1 bras servant de témoin  De petits mCCT (0,8 à 2,4 USD par visite de vaccination) peuvent augmenter le FIC(fully immunized child) à 12 mois et la couverture actualisée à 18 mois à raison de 23 USD par enfant supplémentaire complètement vacciné, dans des contextes où les ressources sont limitées comme au Pakistan. Les détails de la conception (certitude, calendrier et méthode d’exécution des TCM) comptent autant que le montant des paiements.
[13]Gibson DG2017Kenya,  a cluster randomised controlled trial.    Essai contrôlé randomisé par grappes : villages répartis de manière aléatoire et uniforme en quatre groupes: – gr témoin, – gr SMS seul, + 75 Kenya Shilling (KES) incitation – gr SMS + 75 Shilling Kenyan incitation, et – gr SMS + 200 KES Les participants des groupes d’intervention ont reçu des rappels par SMS avant les visites programmées de vaccination contre le pentavalent et la rougeole. Les participants des groupes d’incitation recevaient en outre de l’argent si leur enfant était vacciné à temps (vaccination dans les deux semaines suivant la date prévue). Soignants et enquêteurs n’étaient pas mis en aveugle.  Les enfants du groupe SMS plus 200 KES étaient significativement plus susceptibles d’être complètement vaccinés à l’âge de 12 mois (risque relatif 1-09, IC 95% 1-02-1-16, p=0-014) que les enfants du groupe témoin. Dans un contexte où les niveaux de couverture vaccinale de base étaient élevés, les rappels par SMS associés à des incitations ont amélioré de manière significative la couverture vaccinale et la rapidité de la vaccination. La proportion d’enfants complètement vaccinés (recevant le BCG, trois doses de vaccin antipoliomyélitique, trois doses de vaccin pentavalent et le vaccin anti-rougeoleux) à l’âge de 12 mois était le résultat principal et a été analysée à l’aide d’une régression log-binomiale et d’équations d’estimation générales pour tenir compte de la corrélation au sein des groupes.
[14]Nguyen NT2017VietnamPopulation d’étude: enfants nés dans la province de Ben Tre en septembre et octobre 2013, 2014 et 2015, Avant-intervention, Après-intervention et 1 an Après-intervention. Enquête rapide menée pour comprendre la volonté des parents d’enfants à vaccinés de payer pour recevoir des messages de rappel par SMS sur le calendrier de vaccination.Vietnam National Expanded Program on Immunization (NEPI) a piloté la mise en place d’un registre de vaccination numérique ImmReg, (digital immunization registry) Les données exportées d’ImmReg ont été utilisées pour comparer le taux d’immunisation, le taux d’abandon et la rapidité de la vaccination Avant et Après l’intervention.Un registre de vaccination numérique comprenant des rappels par SMS peut améliorer la couverture vaccinale et la rapidité de la vaccination, renforçant ainsi la qualité et l’efficacité des programmes de vaccination. L’intégration de ce système dans le système national d’information sur la santé et sa mise à profit pour d’autres programmes de santé, tels que la santé et la nutrition maternelles et infantiles, ainsi que la lutte contre les maladies infectieuses, peuvent apporter davantage d’avantages au système de santé vietnamien.
[15]Kazi AM2018PakistanRandomized controlled trial, essai randomisé contrôléPopulation d’étude : Nourrissons âgés de moins de 2 semaines et dont au moins un membre de la famille disposait d’un téléphone portable et était à l’aise pour recevoir et lire des SMS. Les participants ont été répartis de manière aléatoire entre : -le groupe d’intervention (soins standard + rappel par SMS à sens unique) et le -groupe témoin (soins standard).  Résultat attendu : comparer la proportion d’enfants vaccinés à jour à l’âge de 18 semaines. Les vaccins administrés à 6, 10 et 14 semaines comprennent le vaccin DPT-Hep-B-Hib (c’est-à-dire diphtérie, coqueluche, et le tétanos ; l’hépatite B ; et l’Haemophilus influenza type b) et le vaccin oral contre le poliovirus (OPV). Résultat : taux de couverture vaccinale de routine plus élevée dans le groupe d’intervention selon les analyses en ITT lors de la visite prévue à 6 semaines (76,0 % contre 71,3 %, p=.36). Des rappels par SMS automatisés, simples et à sens unique, en langues locales, pourraient permettre d’améliorer la couverture vaccinale de routine. L’amélioration de la couverture et de la ponctualité de l’IR doit être évaluée par des études plus puissantes et en comparant différents types et contenus de SMS dans les pays à faible et moyen revenus.
[16]Seth R2018Inde, milieu ruralEssai contrôlé randomisé/Randomized control trial .    Population d’étude: enfants≥24mois assignés au hasard à un groupe témoin ou à l’un des deux groupes expérimentaux. Envoi de rappels automatisés par téléphone mobile avec ou sans incitations, liées à l’observance pour les groupes expérimentaux. La couverture vaccinale a été analysée en utilisant une régression de Poisson multivariable. Une plateforme biométrique en nuage(cloud) a été utilisée pour l’identification positive, la tenue de dossiers pour tous les groupes et l’envoi de rappels automatisés par téléphone mobile, avec ou sans incitations liées à la conformité.La couverture vaccinale médiane à l’inscription était de 33 % dans tous les groupes et a augmenté: à 41,7 % (intervalle interquartile [IQR] : 23,1 %-69,2 %), 40,1 % (IQR : 30,8 %-69,2 %) et 50,0 % (IQR : 30,8 %-76,9 %) à la fin de l’étude dans le groupe témoin, le groupe avec rappels par téléphone mobile et le groupe avec incitations liées à l’observance, respectivement. Les incitations liées à l’observance sont une intervention importante pour améliorer la couverture et la rapidité des vaccinations chez les jeunes enfants dans des contextes où les ressources sont limitées.
[17]Oladeji O2019South Sudan  Etude interventionnelle communautaireSensibilisation des communautés à la nutrition et à la vaccination ; Intégration des services de vaccination dans les services de nutrition  L’étude avait montré que la couverture vaccinale s’était effectivement améliorée avec l’intégration dans les services de nutrition. Les enfants vaccinés en centres de nutrition étaient moins nombreux à manquer de Rendez-Vous=MOV (OR=0,27 ;IC95% :0,20 à 0,35 avec p<0,05)
[18]Domek GJ2019GuatemalaA randomized clinical trialParticipants éligibles : les nourrissons âgés de six semaines à 6 mois se présentant à la 1ère  visite de la série de primovaccination répartis de manière aléatoire et égale entre un groupe d’intervention et un groupe de soins habituels. Les participants à l’intervention ont reçu 03 rappels par SMS avant les 2ème  et 3ème  visites de vaccination. Principal résultat= ponctualité des 2ème et 3ème  visites de la série de primo vaccination. Sur 871 familles éligibles, 720 (82,7 %) ont participé; seules 54 familles ne possédaient pas de téléphone portable. L’achèvement des visites était indicateur de la couverture vaccinale globale.Les soignants de l’intervention étaient beaucoup plus susceptibles de vouloir recevoir des rappels par SMS pour les vaccins et autres rendez-vous et étaient plus disposés à payer pour ces rappels. Les soignants qui ont reçu des rappels par SMS dans les zones urbaines et rurales du Guatemala étaient moins en retard pour les visites de vaccination de leur enfant et se sont déclarés très satisfaits des utilisateurs. Les rappels par SMS peuvent être un outil efficace pour augmenter la couverture vaccinale des nourrissons dans les milieux à faibles revenus en rappelant aux parents de se faire vacciner. Dans l’analyse en intention de traiter, les
[19]Abhijit Banerjee2019IndeTwo Randomized Controlled Trials Using Gossips to Spread Information= Utiliser les commérages pour diffuser l’informationDans 521 villages de l’Haryana, les auteurs avaient fourni des informations sur les campagnes de vaccination mensuelles à des personnes choisies au hasard (dans certains villages) ou à des individus désignés par les villageois comme étant des personnes aptes à transmettre l’information (dans d’autres villages) sous forme de commérages.Les auteurs ont constaté que le nombre d’enfants vaccinés chaque mois est  de 22% plus élevé dans les villages où les nominés ont reçu l’information. La connaissance qu’ont les gens des individus hautement centraux et des bonnes semences peut être expliquée par un modèle dans lequel les membres de la communauté suivent simplement la fréquence à laquelle ils entendent des ragots sur les autres. Dans un 3ème  ensemble de données, les semences désignées sont centralisées et ne sont pas seulement celles qui ont beaucoup d’amis ou qui occupent des postes puissants.
[20]Johri M2020IndeCluster-randomized pilot trial3 stratégies : – santé mobile mHealth (capsule audio éducatives divertissant) – rappel vocal de vaccination via tél mobile – en présentiel (face à face) (3 rencontres en petits groupes) – groupe témoin : reçoit les services de santé habituels)Les interactions face à face restent nécessaires  pour atteindre l’équité et à la portée 7,4% pour mHealth et la communication pour le changement de comportement via les tél portables s’est avéré viable, et a contribué à la normalisation et à l’évolutivité  
[21]Pérez MC2020IndeA mixed methods evaluation of a pilot cluster randomized controlled trial(essai pilote randomisé, contrôlé en grappes).Tika Vaani intervention : 2 stratégies: a) mHealth (utilise des téléphones mobiles pour envoyer des rappels de vaccination et des messages audio) et b) la mobilisation communautaire (réunions en face à face) dans les villages indiens ruraux.Bien que l’intervention était évaluée dans le contexte d’un essai randomisé qui pourrait expliquer le haut niveau de fidélité obtenu, cette évaluation fournit des preuves confirmant que les résultats de l’étude reflètent la théorie sous-jacente. La plateforme mobile couplée à la mobilisation communautaire était bien accueillie par les participants et pourrait être un moyen utile d’améliorer les connaissances en santé et de modifier les comportements.
[22]Jusril H2020IndonesiaA large-scale effectiveness evaluation:L’évaluation à grande échelle fournit les moyens et les méthodes pour construire systématiquement les informations que les adoptants de programmes fondés sur des preuves recherchent lorsqu’ils décident quel programme fonctionnera pour eux, dans leur situation, et qui peut répondre spécifiquement à leurs besoins.Une plateforme numérique de santé introduite pour le suivi en temps réel d’une campagne nationale de vaccination en Indonésie était réalisable, bien appréciée et associée à une amélioration de la résolution des problèmes et des performances du programme, en particulier dans les districts touchés par l’hésitation à se faire vacciner.  
[23]Oyo-Ita A2021Cross River State, Nigeria  A cluster-randomised control trial LGA (Local Government Areas)=unite d’étude Une intervention à composantes multiples  Quatre LGA urbains et quatre LGA ruraux ont été randomisés dans les bras d’intervention et de témoin de l’étude. Les enquêtes de base, intermédiaire et finale ont permis de recueillir des informations sur les enfants âgés de 0 à 23 mois. Une intervention à plusieurs composantes impliquant la formation des chefs traditionnels et religieux a été mise en œuvre dans les quatre zones d’intervention.Une formation informelle visant à améliorer les connaissances des chefs traditionnels et religieux en matière de vaccination et leur rôle de leader peut leur permettre d’exercer une bonne influence sur la vaccination des enfants. Ils constituent des ressources inexploitées dans la communauté pour stimuler la vaccination de routine.
[24]Levine G2021Northern Ghana  A 3-armed cluster randomized controlled trial/ essai randomisé en grappe à 3 bras  Essai randomisé en grappes ouvert 1:1:1 avec trois bras dans 15 communautés randomisées Bras 1 : une intervention de rappel d’appel vocal= » rappel par appel vocal  » Bras 2 : une intervention de volontaires en santé communautaire (VSC) avec des récompenses incitatives = volet incitatif Bras 3 : témoin Dans le groupe  » rappel par appel vocal « , un membre du personnel de l’étude a appelé les mères, peu après la naissance pour les encourager à se faire vacciner et leur fournir des informations personnalisées sur les services de vaccination disponibles. Dans le volet incitatif (bras 2), les VSC ont encouragé la vaccination des nourrissons et informé les femmes ayant accouché récemment des possibilités de vaccination disponibles.Une enquête basée sur la population a comparé la couverture vaccinale entre les bras dans les périodes de pré-intervention et d’intervention. Dans l’analyse ajustée en intention de traiter, les rappels par appel vocal ont été associés à une augmentation de 10,5% (IC 95 % : 4,0, 17,1) de la couverture vaccinale dans les délais, tandis que les incitations par téléphone mobile ont été associées à une augmentation de 49,5% (IC 95 % : 26,4, 72,5) de la couverture vaccinale. Les interventions communautaires utilisant le téléphonie mobile peuvent améliorer la couverture vaccinale précoce en temps voulu. Une approche VSC avec des incitations pour les travailleurs communautaires et les soignants était une stratégie plus efficace que les rappels par appel vocal. L’impact des  » coups de pouce  » à la vaccination par le biais d’appels vocaux peut être limité dans les contextes où la couverture réseau et la possession de téléphones sont limitées.  
[25]Mekonnen ZA2021Northwest EthiopiaSuperiority Randomized Controlled TrialEssai contrôlé randomisé de supériorité à deux bras, en parallèle, mené dans 9 établissements de santé du nord-ouest d’Ethiopie. Randomisation appliquée dans les établissements de santé sélectionnés lors de l’inscription, avec un ratio d’allocation 1:1 en utilisant des enveloppes scellées et opaques. Le groupe d’intervention a reçu des rappels par SMS un jour avant les visites de vaccination prévues. Une approche d’analyse en intention de traiter était appliquée et un test unilatéral rapporté, compte tenu de la conception de supériorité de l’essai.Sur les 852 SMS envoyés automatiquement par téléphone mobile, 764 (89,7 %) ont été remis avec succès aux participants. Les rappels par SMS ont amélioré de manière significative la réception complète et en temps voulu de tous les vaccins recommandés. En outre, ils ont eu un effet significatif sur la réception en temps voulu de vaccins spécifiques. Ainsi, les rappels par SMS peuvent être utilisés pour compléter le programme de vaccination systématique dans des contextes où les ressources sont limitées. Compte tenu des différents contextes, il est recommandé de mener des études sur les difficultés de mise en œuvre des interventions de santé mobiles.
[26]Sebastian J2021Inde sudEtude interventionnelle prospective (2ans: 2016 à 2018) de type Avant- Après  Population d’étude: Professionnels de la santé invités à répondre à la 1ère section du questionnaire au début de l’étude et à nouveau trois semaines après l’intervention éducative. Aux mêmes moments, clinique de vaccination et zone de stockage des vaccins étaient observées afin d’évaluer les pratiques des professionnels de santé à l’aide de la 2ème  section du questionnaire. Parents venus (un parent par établissement de santé sélectionné) faire vacciner leurs enfants = recrutés après un consentement éclairé écrit, et la 3ème  section du questionnaire était utilisée pour évaluer la communication entre les professionnels de santé et les parents.L’éducation et la motivation continues, peuvent entraîner des changements de comportement positifs sur les meilleures pratiques de vaccination parmi les professionnels de la santé impliqués dans la vaccination, ce qui peut contribuer à améliorer et à maintenir la sécurité et la qualité de l’utilisation des vaccins dans les centres de vaccination, quel que soit le type d’établissement.
[27]Idris IO2021South Sudan  Retrospective intervention studyNous avons extrait les données relatives à la prise du vaccin pentavalent (1ère, 2ème  et 3ème  dose) administré aux enfants âgés de 6 semaines à 23 mois à partir des registres de vaccination de janvier à juin 2019 avant l’intégration des services de vaccination et de juillet à décembre 2019 après l’intégration des services de vaccination du site Web du système d’information sanitaire de district 2 afin d’estimer les ratios de prise vaccinale et les taux d’abandon.L’intégration de la prestation de services de vaccination dans les sites de nutrition et les services de consultations externes pour enfants a permis d’améliorer la couverture vaccinale et de réduire les taux d’abandon dans les comtés de Rumbek Est et Rumbek Centre au Sud-Soudan. Cette preuve d’impact positif devrait encourager les parties prenantes du Programme élargi de vaccination à se concentrer sur la durabilité et l’extension de cette intervention à d’autres comtés du Sud-Soudan, dans la mesure où cela est possible sur le plan logistique.
[28]Oladepo O2021Nigeria  Quasi-experimental design/ essai communautaire3500 mères de nourrissons réparties entre les groupes d’intervention et témoin. Des SMS de rappel ont été envoyés aux mères du groupe d’intervention pendant 10 mois. Le respect des dates de rendez-vous pour les vaccinations de routine et la réalisation de toutes les vaccinations étaient plus élevés dans le groupe d’intervention comparé au groupe témoin.Une association significative entre le respect des dates de rendez-vous et l’achèvement de la vaccination de routine était trouvée. Le groupe d’intervention avait un taux d’achèvement significativement plus élevé pour les vaccins contre la rougeole et la fièvre jaune par rapport au groupe de contrôle. Les interventions utilisant les SMS de rappel ont amélioré l’administration de la vaccination des nourrissons; nous recommandons de les étendre et de les intégrer au système de santé pour augmenter la couverture vaccinale nationale.
[29]Kagucia E2021KenyaEssai contrôlé randomisé individuel  Population d’étude: soignants; parents de nourrissons éligibles âgés de 6 à 8 mois ont été recrutés. Essai contrôlé randomisé individuel à 03 bras parallèles: bras 1= groupe témoin (sans intervention) bras 2 : 3 SMS de rappel envoyés 3 jours avant et 1 SMS avant la date du calendrier bras 3 : 2SMS + 150 shillings Kenyen incitatifs envoyés 3jours avant le calendrier de vaccination prévu. Visite à domicile de l’équipe de recherche quand l’enfant a 12 mois  pour vérifier et confirmer l’état de vaccinationLa couverture opportune du “Measles Containing Vaccin 1”(MCV1) était de 68% chez les nourrissons du groupe témoin, contre 78% dans chaque groupe d’intervention. Pas de différence significativement élevée, entre groupe témoin et bras 1 du RCT mais une augmentation statistiquement significative dans le groupe SMS + 150 KES (1,16; IC à 95 % de 1,01 à 1,32; p=0,035 ; 10,6 % ; IC à 95 % de 0,8 à 20,3 % ; p=0,034). Ces résultats suggèrent que l’effet des rappels par SMS couplés à une petite incitation monétaire inconditionnelle sur la prise du MCV1 est comparable à celui des rappels par SMS seuls sans incitation monétaire, ce qui limite leur utilité.

III-RÉSULTATS

La recherche systématique a identifié 468 articles parmi lesquels 23 étaint inclus dans la presente revue dont 09 études étaient menées en Afrique; 05 en Inde; 03 au Pakistan; 01 au Nepal; 01 Indonésie; 01 Guatemala; 01 Vietnam; 01 Bangladesh; 01 République démocratique populaire du Laos.

Parmi les 9 études de la région  Afrique, deux étaient menées au Soudan par Oladeji O et al; 2019[19]; et Idris IO et al., en 2021[27]; trois au Nigéria: par Brown VB et al., en 2016[9]; par Oyo-Ita A et al., en 2021[23] et par Oladepo O et al. en 2021[28]. Une étude était realisée au Nord du Ghana par Levine G et al., 2021[24]; deux études étaient menées au Kenya, en 2017 par Gibson DG et al.[13], et en 2021 par Kagucia[29], et la neuvième étude était menée en Ethiopie en 2021 par Makonnen ZA  et al.[25].

Cinq études étaient réalisées en Inde: par Shet A et al., en 2018[16]; parAbhijit Banerjee et al., en 2019 ; par Johri M et al., 2020; Pérez MC et al., en 2020; Sebastian J et al.,en 2021. Les trois études de Pakistan étaient de Chandir S  et al. , 2017, de Habib MA et al., 2017; et de Kazi AM et al., en 2018.

Les six études restantes étaient menées au Bangladesh par Uddin MJ   et al., 2016; au Nepal (Wallace AS et al., 2017); au Vietnam (Nguyen NT et al., 2017); au Guatemala (Domek GJ et al., 2019); et en Indonésie (Jusril H et al., 2020) 

Design d’étude: En somme, 07 études étaient des essai contrôlé randomisé en grappe (cluster randomized controlled trial) ; 07 autres étaient des essais contrôlés randomisés (Randomized trial) ; 04 études quasi experimentales=community trial; 03 Interventions AVANT-APRES ; 01 matched analytical study ; 01 large-scale effectiveness evaluation(évaluation de l’efficacité à grande échelle).

Les études décrivaient des interventions visant à augmenter l’utilisation, le taux d couverture vaccinale; et deux études visaient à améliorer à la fois la disponibilité et l’utilisation des services. Toutes les études ont fait état d’un changement positif dans leur indicateur de résultat primaire. Les études varient en ce qui concerne le type d’intervention évaluée, la conception de l’étude et la durée de l’évaluation de l’intervention.

Les interventions qui ont été expérimentées dans cette revue  étaient multiples.

– L’intégration des services de vaccination dans les services de nutrition (Oladeji O et al. au Sud-Soudan; [) ou dans les sites de consultations externes pour enfants (Idris IO, Sud-Soudan 2021;)[27] a eu des résultats positifs dans l’augmentation du taux de vaccination.

– Le renforcement des services de vaccination de routine (SVR) par des activités de vaccination supplémentaires (AVS) était positivement rapporté par l’étude de Wallace AS, au Nepal en 2017. Différents types d’interventions, de rappel des patients et des combinaisons de certains types d’interventions ont été notés.

Stratégies misant sur l’utilisation de téléphones portables pour les rappels de rendez-vous conforme au calendrier de vaccination prévu.

Treize publications sur 22(61,9% des articles) décrivaient l’impact des rappels de vaccination via tél mobile par SMS ou par message vocal (Uddin MJ, Bangladesh, 2016[7]; Brown VB, Nigeria 2016 ;[9];  Xeuatvongsa A, au Laos, 2016 [8]; Johri M, Inde 2020 [20]; Pérez MC, Inde 2020[21]; Mekonnen ZA, Ethiopie,2021[25]; Domek GJ, Guatemala 2019[18]; Levine, Ghana, 2021[24]; Gibson DG, Kenya, 2017 [13]; Chandir, Pakistan 2017[12]; Xeuatvongsa A, au Laos, 2016 [8]; Kazi AM, Pakistan, 2018[15] ; Oladepo O, Nigeria en 2021)[28].

Les interventions visant le changement de communication sociale (formation des chefs traditionnels et religieux en matière de vaccination;  (Oyo-Ita A 2021;Cross River State, Nigeria)[23]; L’éducation et la motivation peuvent entraîner des changements de comportement positifs (Sebastian J, Inde 2021) (Abhijit Banerjee (Gossip=commérages).[26];[19].

Interventions misant sur la formation  et l’engagement communautaire

  • l’engagement communautaire et l’intégration des campagnes d’immunisation à des campagnes de santé (interventions supplémentaires avec des actions de proximité et une mobilisation de la communauté /participation communautaire en utilisant un paquet de communication amélioré et en fournissant des services de santé maternelle et infantile préventifs à court terme) (Habib MA ; 2017 au Pakistan[ ; Abhijit Banerjee (Gossip)[19] ; Perez MC.[21], Inde(plateforme numérique couplé à la mobilisation communautaire) ; Oyo-Ita,  Nigeria [23] ; Levine G, Ghana[24];  (intervention volontaire avec incitation (récompence).

Diverses formes d’incitations:

  • Petits transferts monétaires conditionnels mobiles de montants, d’horaires et de conception différents (Chandir S, Pakistan 2017[12] ; Gibson DG, Kenya [13]; Kagucia E, Kenya [29]; Levine G ; Ghana(intervention de volontaires communautaires avec incitation monétaire)et rappel si réseau internet fonctionne [24].
  • Offre de téléphone mobile et de crédits aux agents de santé et volontaires qui s’occupent de vaccination (Xeuatvongsa A, au Laos, 2016)[8].

Disposer d’un plateforme numérique, registre numérique des vaccinations comprenant des rappels par SMS (Nguyen NT, Vietnam 2017)[14] ; Johri M, Inde(mHealth)[22] ; Seth R et al., Inde(plateforme biométrique)[16] ; Perez MC, Inde (mHealth=Tika) [21]; Idris IO, Soudan [27] (site web d’information sanitaire: intégration des services de vaccination dans les sites web de services de nutrition ou sites des services de consultation externes.

  • Plateforme numérique pour le suivi en temps réel d’une campagne nationale de vaccination (en Indonésie, Jusril H, 2020)[22] ou pour rappeler les dates de vaccination (Uddin MJ, Bangladesh 2017)[7]
  • Rappels par téléphone mobile + incitations (Gibson DG, Kenya [13]; Levine G, Northern Ghana. 2021 [24])

IV-DISCUSSION

Beaucoup de stratégies ont été expérimentées pour augmenter la couverture vaccinale mais la plupart des expériences ont été menées dans les pays industrialisés à revenu élevé. La présente revue systématique de littérature avait pour objectif principal de recenser toutes les stratégies testées dans le pays à faible et moyen revenus et qui ont fait preuve d’une certaine efficacité prouvée par des essais contrôlés ou par des essais communautaires. D’après les résultats, la stratégie la plus rapportée était basée sur les rappels utilisant pour la plupart le message téléphonique sous forme de texte ou vocal et appuyées ou non par des incitations financières. Ces stratégies ont déjà fait leur preuve d’efficacité dans les pays à revenu élevé. En effet, les rappels et les incitations par SMS (short message service) sont deux interventions qui se sont avérées efficaces pour diminuer les barrières de l’oubli, le manque de connaissances et les frais de transport. Les incitations financières quoique n’ayant pas eu la l’unanimité dans la présente revue, constituent une intervention importante pour améliorer la couverture et la rapidité des vaccinations chez les jeunes enfants dans des contextes où les ressources sont limitées.

L’application de ces interventions aux vaccinations pédiatriques de routine pourrait améliorer la couverture vaccinale et la rapidité d’exécution. Mais, la plupart des recherches disponibles s’appuient sur des données provenant de pays à revenu élevé. Jacobson Vann JC et al., ont mené une revue systématique de littérature ayant pour objectif, d’évaluer l’efficacité des systèmes des rappels des patients pour améliorer les taux d’immunisation, et comparer les effets de divers types de rappels dans différents contextes ou populations de patients. Les résultats ont en effet montré que tous les types de rappels ont été efficaces (cartes postales, lettres, appels téléphoniques ou appels automatiques), mais le téléphone étant le plus efficace mais aussi le plus coûteux. Les auteurs ont conclu que les systèmes de rappel et le rappel des patients dans les établissements de soins primaires sont efficaces pour améliorer les taux de vaccination dans les pays développés.[30] Dans les pays à revenu faible, le nombre de mères ou de familles possédant un téléphone portable peut être moins nombreux que dans les pays à revenu élevé. Et, dans ces pays, le réseau internet ne fonctionne pas toujours aussi bien qu’ailleurs surtout en milieu rural. Mais cette revue a toutefois démontré que lorsqu’on utilise ces moyens téléphoniques même dans les pays à faible revenu son efficacité est prouvée. En outre,

si on veut des résultats positifs, enlever toutes barrières à l’accès aux vaccins est la voie principale. La faible disponibilité et l’accès limité aux services d’immunisation constituent en effet une de ces barrières pour les pays à faible revenu.

-L’hésitation des mères à faire vacciner les enfants révèle d’un besoin de communication plus simple mais plus claire et rassurante sur les bienfaits des vaccins. Les mères ont besoin d’être informées. Dans la présente revue, l’impact positif de la participation communautaire est rapporté. Et cela rejoint la définition de la mobilisation sociale ou “social mobilization” de Ofosu-Amaah S et al., comme étant  une action collective pour atteindre le résultat souhaité [31]. Ainsi, furent suggérées comme mesures de communication à adopter de:

-renforcer la voix du personnel de santé dans la présentation du vaccin comme norme sociale.

– faire comprendre que la vaccination concerne tout le monde d’où les études insistant sur l’importance de la participation communautaire pour exhorter la mobilisation sociale autour de la vaccination.

Selon Cataldi JR et al., les stratégies visant à augmenter les taux de vaccination comprennent des interventions ayant un impact direct sur le comportement des médecins, les processus cliniques et de santé publique, les comportements des patients et les politiques. [32]. Dans cette revue fut également rapporté, par certains pays à revenus faible et intermédiaire, et expérimenté avec des résultats positifs, l’utilisation de moyen plus moderne de gestion des donnés mais également de rappels automatisés.

Selon Mouser A., les recherches futures devraient donner la priorité à la compréhension de ce qui fonctionne pour améliorer les taux de vaccination dans différents pays et pourquoi, en se concentrant sur l’amélioration de la base de données probantes pour les pays à revenu faible et intermédiaire [33].

Les limites de cette revue systématiques étaient de n’être intéressé que par les articles publiés en français ou en anglais et elle risque ainsi de perdre des données provenant des autres langues de publication et souffrir de biais d’information.

CONCLUSION :

Plusieurs stratégies ont été recensées dans cette revue de littérature et tester une stratégie unique ne sera pas suffisant pour augmenter le taux de couverture vaccinale, une combinaison de stratégies nous semble plus judicieuse pour de meilleurs choix.

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